Ce que j’en pense: I have a dream
Par Moncef Wafi
Bombardons leurs villes ; brûlons leurs hôpitaux ; écrasons leurs synagogues ; éliminons leurs dirigeants, là où ils se trouvent ; ciblons leurs scientifiques ; piégeons leurs voitures et débarrassons l’humanité de ce cancer qui ronge la chaire et corrompt l’esprit.
Soyons tous antisionistes et n’ayons pas honte de le clamer haut et fort, de le revendiquer et de le partager ; boycottons leurs produits ; chassons leurs relais locaux, ceux qui brandissent le Croissant et qui ont la Croix tatoué sur le cœur et rompons les cordons nécrosés avec les oasis embourbées.
Crachons sur ces palmiers de la sédition et sur ces dunes de la reddition ; convoquons l’Europe aux funérailles de Ghaza et assurons-nous de leur entière sympathie et de leur sincère repentir.
Dénonçons l’hypocrisie ambiante, le sourire aux lèvres et le poignard empoisonné derrière le dos ; méfions-nous de la douceur du printemps et préparons-nous aux hivers sibériens.
Ressuscitons Omar al-Mokhtar, Al-Khattabi, Hamza et les légendes ; sonnons la dernière charge à dos de tanks et de dromadaires et dégainons nos épées artisanales ou à laser.
Mordons dans leurs carotides jusqu’à l’anémie ; poussons leurs cadavres fétides dans les crevasses de l’Histoires et recouvrons nos laideurs oubliées par le linceul du Martyr.
Courrons, pieds nus, derrière nos illusoires victoires; chantons nos airs révolutionnaires jusqu’à réveiller l’héros qui sommeille dans chaque couard du désert; agitons nos frondes à l’encontre d’ennemis honnêtes et d’amis perfides.
Prions pour que tous les généraux s’appellent Custer; que Cris Colomb ait fait naufrage et qu’un tyrannosaure trouve refuge au Capitole.
Payons tous les scribes connus et en devenir pour réécrire l’Histoire ; pour dire que nous sommes les gentils ; pour témoigner de notre courage volé et taire nos déchéances plurielles.
Agissons ensemble avant que le monde n’expire et que la date de péremption ne soit inscrite sur nos pierres tombales ; oublions nos querelles intestines, nos différences de langue et le crêpage de chignons de nos ancêtres ; tournons alors les fusils vers leurs poitrines et visons la tête du serpent…