Il était dans le viseur de l’armée d’occupation: Le chef de Ghaza tué par un drone
Une grande perte pour des milliers de Ghazaouis. Si, au Liban, une fragile trêve est toujours d’actualité, la situation reste « épouvantable et apocalyptique » dans la bande de Ghaza, comme le dénonce encore l’ONU ce lundi 2 décembre. Avec, il y a quelques jours, la mort d’une figure cruciale pour la population civile.
Dans l’enclave palestinienne, la poursuite des offensives israéliennes a provoqué samedi le décès du chef Mahmoud Almadhoun, fondateur de la « soupe populaire de Gaza», mieux connue sous le nom de « Gaza Soup Kitchen ».
L’association située au nord de Ghaza a partagé un long message samedi sur Instagram pour annoncer sa mort. « Ce matin, un drone israélien a survolé le quartier, attendant que le chef Mahmoud commence sa routine quotidienne à l’hôpital Kamal Adwan. Il venait à peine de sortir lorsqu’il a été pris pour cible et assassiné ».
Selon l’association caritative, son décès est la conséquence de son « dévouement inébranlable à résoudre les problèmes de l’hôpital Kamal Adwan et à s’assurer que l’hôpital dispose de tout ce dont il a besoin ».
Vendeur de téléphones portables dans le nord de Ghaza, comme le racontait NPR dans un article de juillet revenant sur les origines de sa soupe populaire, le cuisinier de 33 ans a imaginé ce projet en février dernier pour nourrir la population affamée par plusieurs mois de bombardements sionistes.
Après avoir nourri près de 120 déplacés au lancement du projet, la soupe populaire de Ghaza est devenue en quelques mois une béquille alimentaire essentielle. En préparant plus de 3 000 repas par jour, principalement des ragoûts de légumes. Dans les colonnes du Washington Post en avril dernier, Mahmoud Almadhoun disait vouloir nourrir ses voisins aussi longtemps que possible.
Mahmoud Almadhoun n’était pourtant pas seul derrière ce projet. Comme le raconte encore NPR, c’est son frère Hani, installé aux États-Unis depuis 2000 qui, malgré la distance, a cherché un moyen d’agir en voyant les images de son quartier bombardé par Israël depuis le 8 octobre 2023. Depuis Washington, il avait lancé un financement participatif pour récolter de l’argent et fonder une cuisine populaire fonctionnelle à Ghaza.
Mahmoud Almadhoun laisse derrière lui une grande famille. Parmi eux, « sept enfants, dont le plus jeune n’a que deux semaines et se trouve toujours à l’hôpital pour se remettre de graves blessures causées par un drone israélien », a tristement rapporté l’association, qui compte poursuivre ses opérations, malgré le chagrin. « Son héritage perdurera et sa mémoire restera un témoignage de notre résilience et de notre force. »
