Boughali répond à l’affaire Sansal : L’Algérie dénonce « une ingérence et une diversion »

Suite à des déclarations violentes faites au sein du Parlement européen et en France, le président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Brahim Boughali, a dénoncé des « velléités d’ingérences » qu’il a qualifié d’« inacceptables » dans les affaires internes de l’Algérie. C’est la première réaction officielle en Algérie suite à une avalanche de haine, d’ingérences et d’instrumentalisation de l’arrestation de Boualem Sansal.
Le troisième personnage de l’État a vivement dénoncé, ce dimanche, l’ingérence du Parlement européen ainsi que de certains cercles politiques et médiatiques français dans les affaires internes de l’Algérie. Selon le communiqué publié sur le compte Facebook de l’APN, M Boughali a qualifié cette ingérence de « tentative flagrante de déstabilisation » visant à détourner l’attention des violations réelles des droits de l’Homme et du droit international dans d’autres régions du monde ». Le président de la Chambre basse a vivement critiqué ces ingérences extérieures illégitimes, en s’interrogeant sur ce qui reste des principes fondamentaux, tels que la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice, dans les pays qui prétendent donner des leçons à l’Algérie. Et de souligner que l’Algérie est un État souverain et que la justice algérienne assure la protection des droits et des libertés des citoyens. M Boughali a aussi dénoncé « toute tentative de nuire à la sécurité et à la stabilité du pays » qui serait d’ailleurs « fermement réprimée par les autorités compétentes », allusion faite aux actions légales que la justice algérienne pourrait entreprendre contre tout acte subversif.
Il faut dire que Boualem Sansal n’a pas été arrêté, le 16 novembre à l’aéroport d’Alger, en tant qu’écrivain, mais plutôt comme un citoyen algérien qui a enfreint gravement la loi algérienne. Il répondra de ses actes devant la justice algérienne souveraine. Il est mis sous mandat de dépôt et inculpé d’atteinte à la sûreté de l’État et à l’intégrité du territoire national pour des déclarations gravissimes faites, début octobre, dans une interview à un média français d’extrême-droite xénophobe « Frontières » où il est également employé au comité éditorial.
L’arrestation de Boualem Sansal est évoquée au Parlement européen. Plusieurs élus du courant extrémiste ont pris la parole, pour dénigrer violemment l’Algérie. Face à ces déclarations violentes à l’égard de l’Algérie, certains hommes politiques ont dit quelques vérités sur Boualem Sansal. C’est le cas de l’ancien eurodéputé écologiste Karim Zéribi qui l’a décrit comme un personnage qui propage «la haine ». Sur son compte Instagram, cet élu a relayé une vidéo d’une de ses interventions sur la radio Beur FM où il dénonce l’attitude des soutiens de l’écrivain. « C’est Marine Le Pen qui fait des tweets, c’est Bardella. Tout d’un coup, ils aiment les Franco-Algériens quand ils crachent sur l’Algérie, quand ils diffusent la haine de l’islam, du musulman », dénonce-t-il. Pour lui, ses défenseurs ne «l’aiment pas pour sa plume » ni pour sa « défense de la liberté ». Karim Zéribi dénonce une «instrumentalisation ». L’ancien conseiller municipal de Marseille va plus loin. Pour lui, Boualem Sansal « alimente un fonds de commerce qui est celui de l’extrême droite et d’une partie des pseudos intellectuels réactionnaires ».
Il faut donc, selon lui, que « les gens de paix, les gens positifs, les gens qui veulent se respecter » s’unissent contre « ces Boualem Sansal, pseudo écrivains islamophobes qui propagent la haine ». Karim Zéribi propose à l’Algérie de lui « interdire de rentrer sur son sol » ou même de « le déchoir de sa nationalité».
G. Salima
