Des projets pharaoniques, structurants et innovants: La révolution des transports

L’Algérie déploie actuellement une stratégie ambitieuse pour moderniser et développer ses infrastructures de transport, avec des projets pharaoniques, structurants et innovants visant à améliorer la connectivité nationale, dynamiser l’économie et répondre aux besoins croissants de mobilité.

Le ministre des Transports, Saïd Sayoud, a affirmé, lundi dernier, à Sétif où il effectuait une visite de travail, que les projets en cours en Algérie sont « les plus prometteurs que notre pays ait lancés depuis l’indépendance ». Le secteur mise d’abord sur les projets ferroviaires stratégiques à l’image de la ligne Alger-Tamanrasset. Ce mégaprojet de 2 406 km, vise à relier le nord au sud du pays, traversant 10 wilayas. Les travaux portant sur le premier tronçon (Boughezoul-Ksar El Boukhari) débuteront cette année, avec un objectif de finalisation partielle d’ici 2027. Cette ligne facilitera le transport des ressources naturelles (agricoles, minières) et désenclavera les régions du Sud.
Les lignes minières sont au nombre de trois. Il y a d’abord la ligne Béchar-Gara Djebilet (950 km), destinée à transporter le minerai de fer du gisement de Gara Djebilet (3,5 milliards de tonnes de réserves), qui sera opérationnelle en 2025. Il y a ensuite la ligne Annaba-Tébessa (422 km) dédiée au transport du phosphate, avec des tronçons déjà achevés comme Djebel Onk-Oued Kebrit. « Au total, ce sont 380 milliards de dinars ont été alloués au renforcement de la ligne Gara Djebilet-Oran et Bled El Hadba-Annaba au moyen de locomotives de grande puissance et de wagons spécialement conçus pour le transport de minerai », a précisé le ministre.
Le corridor des Hauts-Plateaux (1 162 km) reliera Tébessa à Sidi Bel Abbés, permettant de stimuler les échanges interrégionaux. « La réhabilitation de la ligne Constantine-Alger vise à atteindre 160 km/h, réduisant ainsi le temps de trajet de 3 heures », précise le ministre des Transports.
Sur le plan des infrastructures routières et portuaires, le ministre des Transport a annoncé la mobilisation d’« un budget de 400 milliards de dinars qui a été alloué au renouvellement du matériel roulant avec l’acquisition de 80 locomotives et wagons ». « Les fonds sont disponibles », a assuré M. Sayoud, précisant que « le cahier des charges et les formalités réglementaires d’usage sont en cours de finalisation ». Un autre projet évoqué par le ministre porte sur la modernisation de 75 gares en trois phases, incluant une nouvelle gare à Alger aux normes internationales. La pénétrante de Batna sera mise en service vers la mi-2025. La rocade autoroutière des Hauts-Plateaux (1 030 km) sera, en outre, reliée à l’autoroute Est-Ouest par 12 pénétrantes. L’extension du port de Djen Djen permettra d’atteindre une capacité de 26 millions de tonnes/an, avec un quai de 570 m. Un hub portuaire sera réalisé à El Hamdania (Cherchell) en partenariat avec une entreprise chinoise nécessitant un investissement de 5 milliards de dollars.
L’autre axe concerne les transports urbains innovants. Le monorail d’Alger (67 km) est un projet permettant de réduire la congestion routière. Les travaux débuteront cette année pour une durée estimée à 3 ans. Concernant les extensions du métro d’Alger, deux nouvelles lignes (Ain Naâdja-Baraki et El-Harrach-USTHB) seront livrées en 2026, portant le réseau à 33 km, avec un objectif à long terme de 90 km. L’autre volet concerne les extensions des réseaux des tramways à Alger et à Oran. Les téléphériques en panne seront aussi remis en service avant la fin 2025 pour désenclaver les zones difficiles d’accès. Enfin, dans le secteur aérien, M. Sayoud a rappelé les investissements réalisés par Air Algérie, qui a passé commande de 16 nouveaux avions qui seront livrés «dans les prochains mois», assurant que « la livraison de 50 % d’entre eux résoudra la plupart des problèmes que connaît actuellement le secteur du transport aérien ». Ces initiatives reflètent une volonté de transformation structurelle, combinant désenclavement régional, diversification économique et amélioration de la qualité des transports.
G. Salima

 

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