Même si son incidence est en baisse: La réalité de la tuberculose en Algérie

La Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, célébrée chaque 24 mars, a été marquée ce mardi par l’intervention de deux spécialistes sur les ondes de la chaîne 3 de la Radio nationale. Ils ont rappelé que cette maladie infectieuse demeure l’une des plus meurtrières au monde, malgré l’existence de traitements efficaces et de moyens de prévention accessibles.
La tuberculose continue de provoquer des milliers de décès chaque année, en raison notamment du retard au dépistage et de la méconnaissance des symptômes.
Les intervenants ont insisté sur les signes cliniques à ne pas négliger, en particulier la toux chronique, souvent banalisée, ainsi que la fatigue, la perte de poids et l’altération de l’état général. Ils ont également rappelé que la maladie se transmet par voie aérienne, ce qui renforce la nécessité d’un diagnostic précoce et d’une prise en charge rapide pour limiter sa propagation.
Placée cette année sous le slogan « Oui ! Nous pouvons mettre fin à la tuberculose ! », cette journée met en avant la nécessité d’intensifier les actions de prévention, d’améliorer l’accès aux soins et de renforcer le dépistage, notamment grâce aux nouvelles technologies. Elle constitue aussi un appel à une mobilisation accrue des autorités sanitaires, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), afin d’inverser durablement la tendance de cette épidémie.
En Algérie, l’incidence de la tuberculose est estimée actuellement à moins de 40 cas pour 100 000 habitants. Si ce chiffre traduit une baisse par rapport aux années 1990, la maladie reste un problème de santé publique, particulièrement dans les zones urbaines à forte densité. Les autorités sanitaires rappellent que plus de 20 000 nouveaux cas sont enregistrés chaque année, avec une prédominance de la forme pulmonaire.
Dans le monde arabe, les taux varient fortement. L’Algérie et le Maroc affichent des niveaux similaires, tandis que la Tunisie enregistre une incidence légèrement inférieure. En revanche, certains pays comme la Mauritanie ou le Yémen connaissent des taux plus élevés, dépassant parfois les 100 cas pour 100 000 habitants.
En Afrique subsaharienne, la situation est plus préoccupante. L’Afrique du Sud enregistre près de 389 cas pour 100 000 habitants, tandis que l’Angola dépasse les 370 cas pour 100 000 habitants. Ces chiffres traduisent la persistance d’une épidémie difficile à contenir, aggravée par la pauvreté et la co-infection avec le VIH.
À l’échelle mondiale, l’OMS estime à 10,6 millions le nombre de nouveaux cas en 2022, avec près de 1,3 million de décès. L’incidence moyenne mondiale est d’environ 130 cas pour 100 000 habitants, mais certains pays européens comme l’Allemagne ou l’Autriche affichent des taux très bas, autour de 5 cas pour 100 000 habitants.
Les spécialistes intervenus sur la Radio nationale ont insisté sur l’importance de renforcer les campagnes de sensibilisation, d’améliorer l’accès aux soins et de développer des programmes de formation pour le personnel médical. Ils ont également souligné la nécessité d’une coopération régionale et internationale afin de partager les bonnes pratiques et d’intensifier la lutte contre cette maladie.
T. Feriel

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