Relations algéro-nigériennes: « Particulièrement fructueuses »

Le Premier ministre Sifi Ghrieb a qualifié, ce mardi, les résultats de la deuxième session de la Grande Commission mixte de coopération algéro-nigérienne de « particulièrement fructueux ». À l’issue de deux jours de travaux intenses à Niamey, il a salué la qualité des échanges entre les deux délégations, mettant en avant « l’esprit de fraternité, de compréhension et de coopération constructive » qui a marqué les délibérations. Selon lui, cette atmosphère positive a permis d’établir « les bases d’un partenariat renouvelé et ambitieux » entre les deux pays.
Ce rendez-vous diplomatique s’inscrit dans une dynamique bilatérale renforcée par la visite officielle du président nigérien Abderrahmane Tiani à Alger les 15 et 16 février derniers, à l’invitation du président de la République Abdelmadjid Tebboune. Le Premier ministre a décrit cette étape comme « une halte marquante dans le cours de nos relations fraternelles », ayant insufflé une forte impulsion politique à la coopération bilatérale.
Sur le plan économique, la tenue du Forum d’affaires algéro-nigérien en marge des travaux de la commission a retenu toute l’attention. Sifi Ghrieb a insisté sur « le rôle central du secteur économique dans le renforcement de nos relations bilatérales », affirmant que les potentialités des deux économies ouvrent la voie à « des partenariats fructueux, créateurs de richesse et d’emplois pour la jeunesse ».
Parmi les dossiers structurants abordés figurent le gazoduc transsaharien, la route transsaharienne et le projet de connexion par fibre optique. Le Premier ministre a réaffirmé l’engagement commun à faire de ces chantiers stratégiques « des piliers fondamentaux pour renforcer l’intégration régionale et soutenir le développement du continent africain ».
La session a également permis de consolider le cadre juridique de la coopération bilatérale, avec la signature de plus de vingt accords et mémorandums d’entente couvrant des domaines variés : énergie, mines, agriculture, santé, culture, formation professionnelle, industrie pharmaceutique, travaux publics et micro-entreprises. Ces instruments, selon Ghrieb, fourniront « des mécanismes modernes et efficaces pour relever les défis de l’avenir ».
Sur le plan sécuritaire, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de poursuivre la coordination face aux défis communs dans la région du Sahel. Il a réaffirmé une vision partagée fondée sur « une Afrique unie, solidaire et capable de maîtriser son destin », œuvrant pour la paix, la stabilité et la prospérité des peuples.
Le professeur Ahmed El Hidoussi, spécialiste en sciences économiques, a également analysé cette session sur les ondes de la Radio nationale. Il a estimé qu’elle illustre une volonté politique forte des présidents Tebboune et Tiani de donner un nouvel élan aux relations bilatérales. Selon lui, les relations algéro-nigériennes entrent dans une nouvelle phase, dépassant le cadre traditionnel du voisinage, et reposent désormais sur une vision de long terme alliant développement économique et sécurité régionale.
El Hidoussi a rappelé que des avancées concrètes ont déjà été enregistrées, telles que la visite d’experts de Sonatrach au Niger pour des études techniques et celle de spécialistes de Sonelgaz pour finaliser le projet de centrale électrique à Niamey. Ces initiatives traduisent l’importance stratégique de la coopération économique, qui englobe le gaz, l’électricité et les réseaux numériques.
Les acquis de cette session, couronnés par l’adoption d’une déclaration commune et d’un procès-verbal des travaux, constitueront, selon Ghrieb, « une référence essentielle qui encadre notre travail commun et oriente nos efforts pour la prochaine étape ». Les deux pays ont convenu de tenir la troisième session de la Grande Commission mixte en Algérie en 2027, confirmant ainsi leur volonté de poursuivre sur la voie d’un partenariat renforcé et durable. G. Salima
