Ce que j’en pense: Le doigt d’honneur

Par Moncef Wafi

S’il fallait encore une preuve que le pays de l’Oncle Sam tue au même titre que Marlboro, Coca, Mc Do et Rambo, c’est cette main levée de Robert Wood en signe de véto contre un cessez-le-feu humanitaire à Ghaza. En plein conseil de Sécurité, le diplomate américain adressait en fait un doigt d’honneur à la face du monde. En veux-tu, en voilà, il y en aura pour tout le monde ! Du mépris frit, du cynisme en sauce, un soutien sans faille aux tueurs d’enfants et un tapis de bombes contre un tapis de prière. Dans son beau costume, un sourire presque imperceptible à la commissure des lèvres, le diplomate amerloque renvoyait la conscience du monde libre à sa sieste. Et Si tu n’es pas content, fais le pied de grue devant la CPI, grilles une saucisse et organises un sommet arabe. Sinon, regardes une série merdique sur Netflix où l’armée sioniste est invincible et morale. De la science fiction, quoi !
Demandez à Geronimo et à Cochise, ils vous diront que le cœur d’un visage pâle est aussi noir que le marc d’un café turc. Demandez à Kunta Kunté, il vous parlera du fouet du visage pâle. Demandez à un survivant de Nagazaki ou de Hiroshima, il vous décrira le champignon laissé par la bombe larguée par le visage pâle. Demandez à Ho Chi Minh, il vous racontera les bombardements des rizières au napalm et à l’agent orange, crée par le visage pâle. Demandez aux enfants d’Irak, de Syrie, du Yémen, de Lybie, de Somalie et d’Afghanistan, ils pleureront à la vue d’un visage pâle. Et les enfants de Ghaza également.
Depuis sa création, ces ersatz frelatés d’Anglais, descendants d’émigrés irlandais, italiens et allemands ; rustres chassés du Vieux monde ; ont colonisé une terre qui ne leur appartenait pas. Ces colons, dont l’histoire est teintée du rouge sang de leurs victimes, ont fait des émules. Ces assassins d’indiens ont enfanté les assassins de Palestiniens. Ils ont émaillé l’histoire contemporaine de guerres coloniales et de génocides pour alimenter Hollywood et ses scénarios.
Faut-il s’attendre, un jour, à une rédemption des fils de Sam ? Comme le dit le poète irakien Ahmed Matar : « Sur la terre, existe deux types de personnes, les humains et les Américains ». Et à moins d’un déluge qui emportera ceux qui n’ont pas de passé, une météorite qui rebondira sur Ghotam ou d’un nouveau film d’Ed Wood, je paraphraserai derechef Matar : « Ô Dieu, donnez-nous la nationalité américaine pour vivre dignement dans les pays arabes ».

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