Campagne de désinformation française : Paris critiquée de toutes parts

Les réactions à la campagne de désinformation menée par le milieu de l’extrême-droite français et ses relais dans le gouvernement se poursuivent.
Lors de son passage au programme Forum de la Première, le général à la retraite Abdelaziz Medjahed, directeur de l’Institut national des études stratégiques globales, a critiqué le comportement de la France sur la scène internationale. Selon lui, le pays continue de bafouer les lois et normes internationales, comme en témoigne sa position sur le Sahara occidental.
Medjahed estime que la France « n’a toujours pas renoncé à son héritage colonial » et persiste dans l’usage de pratiques héritées de son passé impérialiste.
De son côté, Mohamed Amroun, président de la Commission des affaires étrangères au Conseil de la Nation, a salué la réaction mesurée mais ferme de la diplomatie algérienne. Il a expliqué que la crise entre les deux pays trouve ses racines dans les troubles internes que traverse actuellement la France.
« Les contradictions dans les déclarations des responsables français, qu’il s’agisse de ministres, de conseillers ou de politiciens, reflètent une confusion dans leur politique extérieure », a-t-il souligné.
Amroun a également critiqué les récentes déclarations du président Macron, qu’il a qualifiées d’ »arrogantes », ajoutant que ce dernier cherche à courtiser l’extrême-droite pour renforcer sa position politique, mais se retrouve prisonnier de ce courant.
Enfin, Amroun a mis en lumière les avancées stratégiques de l’Algérie, qui attisent les rancunes de certains lobbys français. « L’Algérie progresse sur tous les fronts : sécurité alimentaire, gestion des ressources en eau, modernisation militaire et leadership en Afrique », a-t-il déclaré, concluant que cette trajectoire renforce sa stature de puissance indépendante et respectée.
De son côté, le secrétaire général du Mouvement dynamiques des Algériens en France (Moudaf), Nasser Khabat, qui s’est exprimé, ce lundi matin, sur la Chaîne 3 de la Radio nationale, estime que «cette campagne est notamment menée par des médias lourds comme CNews et des journaux connus pour leur tendance d’extrême droite contre la souveraineté algérienne et contre le peuple algérien», ajoutant que « la déclaration du président français Emmanuel Macron et le comportement suicidaire de son ministre de l’Intérieur révèlent que nous sommes face à une politique suicidaire et à une diplomatie sans voix et sans issue ».
Pour sa part, la présidente du parti Tadjamoue Amel Djazair (TAJ), Fatima Zohra Zerouati, a fermement dénoncé, dimanche depuis Berriane (Ghardaïa), les tentatives d’ingérence de la France dans les affaires intérieures de l’Algérie, soulignant que « les actions actuelles de la France sont contraires aux principes diplomatiques de respect mutuel entre pays souverains ».
Lors d’une rencontre avec les militants et sympathisants de son parti, à l’occasion des célébrations du Nouvel An amazigh Yennayer 2975, Mme Zerouati a précisé que ces tentatives d’ingérence, « condamnées par l’ensemble de la classe politique algérienne et la société civile », ne font que renforcer l’unité nationale.
Elle a ajouté que l’Algérie est en phase de construction d’un État fort et démocratique, avec une classe politique à la hauteur des attentes de ses citoyens. Cela passe notamment par la révision des lois sur les partis et les élections, qui viendront renforcer le cadre juridique du pays.
La présidente de TAJ a également appelé à un renforcement des rangs du peuple algérien autour de ses institutions étatiques pour « faire échouer toute tentative malveillante visant à porter atteinte à notre unité et à notre souveraineté nationale ».
Ch.G
