Modernisation du système de santé : L’Algérie veut mobiliser sa diaspora médicale

Le secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Communauté nationale à l’étranger, Sofiane Chaïb, a coprésidé, aux côtés du ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, une rencontre virtuelle réunissant des médecins algériens établis dans plusieurs pays européens, dans le cadre d’une série de réunions périodiques avec la diaspora algérienne.
Ce rendez-vous a offert une plateforme d’échanges entre les « élites et compétences médicales » de l’étranger et les autorités algériennes, en vue d’aborder les nombreux défis auxquels le secteur de la santé nationale est exposé. Il a permis également d’examiner les pistes de contribution de ces professionnels à la modernisation du système de santé algérien. Selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, l’État a rappelé son « effort soutenu » pour mobiliser ces compétences dans la dynamique collective de renouveau et de développement du pays.
Parallèlement, les médecins de la diaspora ont exprimé leur satisfaction de cette initiative, soulignant leur entière disponibilité à mettre à profit leurs expériences internationales, connaissances et expertises pour renforcer le système de santé algérien.
Pour rappel, l’Algérie fait face à un phénomène d’émigration importante de ses professionnels de santé, notamment des médecins. Une étude publiée en 2022 indique qu’en 2016 le taux global d’émigration des médecins algériens — définis comme nés en Algérie, quel que soit leur lieu de formation, et exerçant à l’étranger — s’élevait à 23,35 %. Dans le cas des médecins ayant obtenu leur diplôme en Algérie et exerçant en France, ce taux est estimé à 8,63 % pour la même période. Une autre source rapporte qu’en France, environ 15 000 médecins algériens de diverses spécialités sont en activité.
Concernant certaines spécialités, les taux d’émigration atteignent des niveaux encore plus élevés : par exemple, la psychiatrie pourrait atteindre jusqu’à 40 % d’expatriation parmi les médecins formés en Algérie.
Cette fuite de compétences pose un double défi. Pour l’Algérie, la perte de médecins qualifiés peut entraîner des tensions accrues sur le dispositif de soins, notamment dans les wilayas de l’intérieur ou sous-équipées. Pour les médecins concernés, l’émigration est motivée par la recherche de meilleures conditions de travail, de formation ou d’épanouissement professionnel, des objectifs souvent difficilement atteignables.
T. Feriel
