Réhabilitation de quatre places publiques au centre-ville: Eviter les erreurs du passé

Le wali d’Oran Said Saayoud a annoncé récemment le lancement, par la commune d’Oran, d’une étude relative à la réhabilitation de quatre places publiques du centre-ville.
Une bonne nouvelle pour l’embellissement de la ville, toutefois ce projet doit être mené convenablement pour éviter les erreurs du passé, où des places réhabilitées ont été vandalisées après quelques mois, où des jets d’eau ont été installés sans jamais fonctionner ajouté à cela à l’incivisme des citoyens transformant les espaces verts en espaces ternes et jaunâtre et les jets d’eau en piscine pour les enfants.
Dans le passé, des enveloppes financières considérables ont été octroyées pour l’aménagement des places publiques et des trottoirs à Oran, en espérant que cette nouvelle étude sera à la hauteur, pour offrir à ces espaces un nouveau visage dans le cadre de l’embellissement de la ville dans une vision moderne et d’éviter de jeter l’argent du contribuable par les fenêtres. En effet, les acteurs de l’aménagement urbain en Algérie se sont traditionnellement focalisés sur la résolution de problèmes d’ordre technique.
Cette attitude les a éloignés de la prise en compte des valeurs d’ordre social qui fondent les qualités premières des espaces publics. Vu qu’il s’agit des lieux accessibles gratuitement à tous, ils ont un rôle fondamental pour les habitants et usagers car ils permettent de se déplacer, de se retrouver, de se divertir et de se détendre. Les places concernées par une future réhabilitation à Oran seront quatre.
Il s’agit de la place du 1er Novembre, le cœur du centre-ville, dont les travaux d’aménagement ont été réalisés dans sa première partie lors du projet de la réalisation de la première ligne du tramway en 2013, suivi des travaux d’extension réalisés de l’autre côté à l’ancien siège d’information de l’ANP, ce qui a offert plus d’espace pour les visiteurs notamment venus d’autres wilayas. Comme elle est considérée comme le cœur historique de la ville d’Oran, elle est à la croisée des chemins de plusieurs routes que vous veniez du port, du front de mer et du centre-ville. Elle est un point important du circuit touristique de la ville. Un autre place sera concernée par les travaux, il s’agit de « Tahtaha », à M’dina Jdida, le quartier commercial de la ville témoin du double attentat à la voiture piégée commis par l’OAS (Organisation de l’armée secrète), le 28 février 1962.
Rappelons qu’une stèle commémorative a été érigée sur place. Le troisième espace qui sera réhabilité est la place de la République à Sidi El Houari, un quartier, véritable musée à ciel ouvert qui retrace plusieurs époques historiques ayant produit un mélange de constructions anciennes et modernes avec un caractère particulier. Cette place fait partie des plus anciennes de la ville. La dernière place concerne, selon le wali Said Sayoud, est celle de la «Bibliothèque municipale » située au cœur de la ville en face de l’ancienne cathédrale du sacré cœur.
Notons que les places publiques sont indispensables dans chaque grande ville. Ils permettent aux habitants de circuler (à pied, en voiture ou autre mode de transport), de se retrouver, mais aussi de relier les bâtiments qui composent la ville, en leur donnant une cohérence. Les travaux d’aménagement modernes nécessitent une vision et une étude approfondie, comme il existe des véritables aménageurs, qui prendront en considération lors de l’étude plusieurs critères liés au site, sa dimension et son histoire. Les espaces verts et l’éclairage publics sont également des points importants dans ces travaux, la luminosité moderne est régulée selon la fréquentation (grâce à des capteurs de mouvement), à l’intensité lumineuse du site. Les lampadaires choisis devront éclairer en direction du sol et non l’inverse.
Hamza. B
