L’expulsion de l’influenceur Doualemn annulée: Un autre camouflet pour Retailleau

C’est un revers humiliant que vient de subir le xénophobe ministre de l’Intérieur français Bruno Retailleau : le tribunal administratif de Melun, près de Paris, a annulé, ce jeudi, les décisions prises à l’encontre de l’influenceur algérien « Doualemn », qui a fait l’objet d’une obligation immédiate de quitter le territoire français (OQTF), selon plusieurs médias français.
Saisi par une requête en référé, le tribunal administratif de Melun a annulé les décisions prises par le préfet de l’Hérault, dans le sud de la France. Le même tribunal a «enjoint à l’autorité préfectorale de réexaminer la situation de l’intéressé dans un délai de trois mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant le temps de ce réexamen».
Cette décision de la justice française constitue un désaveu et une déconvenue pour le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui se revendique publiquement de l’extrême droite. Soutenant l’expulsion de Doualemn, il a exprimé sa frustration face à cette décision, annonçant son intention de faire appel. De leurs côtés, les avocats de Doualemn ont salué la décision du tribunal, la qualifiant de «logique» et dénonçant un «acharnement féroce et aveugle» de la part des autorités françaises. Cette annulation est également perçue comme une victoire pour les droits des étrangers.
Pour rappel, l’influenceur de 59 ans, de son vrai nom Naaman Boualem, a été expulsé de France le 9 janvier dernier pour des propos sur Tik Tok. Les autorités algériennes l’ont refoulé vers la France, expliquant qu’il a été victime d’une «expulsion arbitraire et abusive» et que Paris a décidé de l’expulser sans lui donner la possibilité de se défendre auprès de la justice française et européenne. L’Influenceur, placé en centre de rétention administrative depuis près d’un mois, a retrouvé sa liberté.

Retailleau et le lobby sioniste

L’affaire Doualemn s’inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie. Retailleau s’est attaqué à l’Algérie qu’il a accusé de «vouloir humilier la France». Dans un entretien publié, la semaine dernière par le journal français L’Opinion, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a déclaré que «tout ce qui est ‘’Retailleau’ est douteux compte tenu de ses déclarations hostiles et incendiaires envers notre pays». Le Président a qualifié ces attaques de «lubies» et a déploré son «attitude hostile».
Très puissant en France, le lobby sioniste exerce une influence directe et permanente sur les décisions, déclarations et dicte les positions politiques du président français et de son gouvernement. Le plus zélé des serviteurs du lobby sioniste anti-algérien, Bruno Retailleau, s’est maintes fois attaqué à l’Algérie avec des déclarations incendiaires pour plusieurs raisons, qui relèvent à la fois de stratégies politiques internes, de tensions diplomatiques et de considérations idéologiques. Retailleau utilise les tensions avec l’Algérie pour renforcer sa position au sein de l’extrême droite française et séduire l’électorat xénophobe, cherchant à se positionner comme une figure forte, en exacerbant les tensions avec l’Algérie pour se démarquer. Ses déclarations virulentes, notamment sur les questions migratoires et les accords bilatéraux, s’inscrivent dans une logique populiste visant à capitaliser sur les peurs et les préjugés liés à l’immigration et à l’insécurité. Il a menacé de réduire les visas accordés aux Algériens et de réviser l’accord de 1968, des mesures qui résonnent fortement auprès des électeurs de l’extrême droite française favorable à un durcissement des politiques migratoires. Les relations entre la France et l’Algérie sont déjà tendues en raison de plusieurs contentieux, notamment la question du Sahara occidental.
Les déclarations de Retailleau visent également la communauté algérienne en France, souvent stigmatisée dans les débats sur l’immigration. Il cible une diaspora qui contribue pourtant à l’économie française. Cette approche est une tentative de diversion pour détourner l’attention des problèmes internes de la France, un pays lourdement endetté et qui n’a aucune souveraineté.
Ses déclarations s’expliquent également par la volonté de raviver des clivages historiques en alimentant une rhétorique néocoloniale. Pourtant, des partis politiques comme La France Insoumise (LFI) ont accusé Retailleau de chercher à réhabiliter le colonialisme plutôt que de favoriser le dialogue. L’ancienne ministre et figure du Parti socialiste Ségolène Royal, et le leader de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon ont aussi exprimé des critiques concernant l’attitude du gouvernement français, sous la présidence d’Emmanuel Macron, vis-à-vis de l’Algérie, notamment en ce qui concerne les relations diplomatiques et historiques entre les deux pays.
G. Salima

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