Bandes de quartiers: L’Algérie passe à l’action

Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a installé lundi les membres de la commission nationale de prévention et de lutte contre les bandes de quartiers pour la période 2026-2029. Cette initiative marque une nouvelle étape dans la stratégie de l’État visant à renforcer la sécurité et la cohésion sociale face à un phénomène jugé préoccupant.
Les bandes de quartiers, souvent associées à des comportements violents et délinquants, ont été identifiées comme une menace directe pour la stabilité des communautés. Leur présence dans les espaces publics, les établissements scolaires ou les zones résidentielles alimente un sentiment d’insécurité et fragilise le tissu social.
Au cours de l’année 2025, les services de sécurité ont mené plusieurs interventions ciblées dans les grandes villes. À Alger, 45 individus ont été arrêtés lors de six opérations simultanées menées par la Gendarmerie nationale dans des quartiers sensibles comme Aïn El-Malha, Zéralda, Aïn-Taya, Birtouta, Douéra et Chéraga. Ces opérations ont permis la saisie de plus de 9 000 comprimés de psychotropes et de plus de 300 grammes de cocaïne, confirmant l’implication des bandes dans le trafic de stupéfiants.
La justice a également prononcé des peines lourdes contre des membres de gangs de quartiers. En juin 2025, le tribunal de Chéraga a condamné sept individus pour des faits d’agressions à l’arme blanche, trafic de psychotropes et blanchiment d’argent. Le chef présumé, identifié sous les initiales « K.Z. », a écopé d’une peine exemplaire, illustrant la volonté des autorités judiciaires de frapper fort contre les réseaux criminels.
Dans son allocution, M. Sayoud a insisté sur le caractère stratégique de la prévention, qui doit aller de pair avec la dissuasion. La lutte contre ces bandes ne se limite pas à l’action sécuritaire : elle repose sur une approche intégrée, combinant sensibilisation, encadrement social et cadre juridique renforcé. Le ministre a salué le rôle des services de sécurité, tout en soulignant la nécessité d’une mobilisation collective impliquant institutions, associations et familles.
La démarche s’inscrit dans la vision du président Abdelmadjid Tebboune, qui prône une stratégie «globale et complémentaire ». Celle-ci repose sur la création d’une commission nationale au niveau central et de commissions locales dans chaque wilaya, afin d’assurer une prise en charge coordonnée et adaptée aux réalités du terrain.
Le ministre a mis en avant l’importance de la sensibilisation, en particulier auprès des jeunes. Les réseaux sociaux sont appelés à jouer un rôle clé dans la diffusion d’un discours préventif moderne, capable de contrer les comportements violents et de promouvoir des valeurs de citoyenneté. Les acteurs institutionnels et associatifs sont encouragés à exploiter ces plateformes pour renforcer la conscience collective.
M. Sayoud a rappelé que la lutte contre les bandes de quartiers est une responsabilité partagée. Elle exige une coordination étroite entre les différents acteurs et une intensification du travail de proximité. L’objectif est de créer un front commun capable de réduire durablement l’influence de ces groupes et de protéger la jeunesse contre la délinquance organisée.
La commission nationale aura pour tâche d’élaborer une stratégie nationale globale, fondée sur un diagnostic précis du phénomène. Elle ciblera plusieurs espaces sensibles : écoles, quartiers, maisons de jeunes, mosquées et espace numérique. Ses actions porteront sur la prévention, la sensibilisation et l’alerte précoce, afin d’anticiper et de neutraliser les comportements déviants.
À travers cette stratégie, l’Algérie entend consolider la cohésion sociale et instaurer un climat de confiance dans les quartiers. La combinaison d’actions sécuritaires, de mesures juridiques et de campagnes de sensibilisation doit permettre de réduire l’impact des bandes et de renforcer la stabilité nationale.
T. Feriel

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