Régime indemnitaire : Les revendications du corps hospitalo-universitaire

Invité ce mardi de l’émission L’Invité du jour sur la Chaîne 3 de la Radio nationale, le professeur Rachid Belhadj, figure de proue du syndicat des enseignants-chercheurs hospitalo-universitaires, a lancé un appel pressant aux autorités pour une révision « immédiate et en profondeur » du régime indemnitaire de cette élite du secteur de la santé.
Le Pr Belhadj a regretté que le régime indemnitaire des maîtres-assistants et professeurs hospitalo-universitaires n’ait pas été révisé depuis 2008, dénonçant une situation d’iniquité et d’abandon qui alimente, selon lui, l’exode vers le secteur privé ou vers l’étranger.
« Nous avons un pied dans l’enseignement supérieur et un autre dans la santé, mais malgré notre double mission, nous sommes toujours en train de revendiquer ce qui nous est dû », a-t-il déploré. Il a également pointé le manque de coordination entre les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur, qualifiant leur fonctionnement d’« insuffisamment huilé ».
Le professeur a mis en lumière l’injustice vécue au quotidien par les hospitalo-universitaires, notamment l’absence de rémunération pour les activités universitaires telles que la surveillance et la correction d’examens, pourtant garanties par les textes de loi. « Tout cela est effectué gratuitement. Comment expliquer qu’en 2025, nous ne soyons toujours pas rémunérés pour ces tâches ? », a-t-il interrogé.
Il a aussi dénoncé les affectations mal encadrées dans les nouvelles facultés du Sud, où les maîtres-assistants ne perçoivent pas d’indemnités adaptées.
Face à la fuite croissante de l’élite hospitalo-universitaire, le Pr Belhadj a annoncé que son syndicat travaille actuellement sur des propositions pour encadrer l’activité lucrative. Objectif : retenir les compétences dans le secteur public. « Depuis 2015, nous multiplions les négociations avec les gouvernements successifs, sans avancées concrètes. Pendant ce temps, les meilleurs partent », a-t-il déploré. S’il affirme s’abstenir de toute grève, il évoque un ras-le-bol grandissant, illustré par l’assemblée générale tenue récemment à Sétif.
Enfin, le Pr Belhadj a plaidé pour le développement urgent de certains services hospitaliers stratégiques, comme la gynécologie-obstétrique, afin de réduire le recours aux transferts médicaux à l’étranger. « Il est temps que l’État rétablisse les droits des hospitalo-universitaires, modernise les services médicaux et mette fin à cette fuite des cerveaux », a-t-il conclu.
M. Salah
