Passé colonial français: Une reconnaissance pour refonder sa relation avec l’Algérie

Présent ce dimanche à l’émission « L’invité du jour » sur la Chaîne 3 de la Radio nationale, Karim Zeribi, éditorialiste et homme de médias franco-algérien, a estimé que la reconnaissance pleine et entière par la France de son passé colonial est une condition essentielle à l’établissement d’une relation apaisée, respectueuse et égalitaire entre les deux pays.
« La France doit reconnaître les pages sombres, noires et ignobles de la colonisation », a martelé Karim Zeribi, soulignant que cette étape est indispensable pour « écrire une nouvelle page » entre les deux nations. Saluant la participation d’une délégation d’élus français et franco-algériens aux commémorations de Sétif, Guelma et Kherrata, il y voit « un signal fort » et un pas vers une relation franche, sincère et authentique.
Pour l’ancien député européen, la non-reconnaissance par Paris des exactions coloniales constitue toujours un obstacle majeur. « Il ne s’agit pas de repentance, mais de vérité historique », a-t-il insisté. Selon lui, la France doit être mise face à ses valeurs, notamment à celles de liberté, d’égalité et de fraternité qu’elle proclame mais n’applique pas toujours.
Évoquant la situation actuelle en France, Zeribi a dénoncé un climat de plus en plus hostile envers les musulmans, accusés à tort et à répétition d’extrémisme ou de fanatisme. « Les musulmans sont les premières victimes du fanatisme, et pourtant, ce sont eux que l’on stigmatise », a-t-il affirmé, dénonçant un racisme structurel qui « ne dit pas son nom ».
Il a appelé à une réaffirmation ferme des principes républicains et de la laïcité, regrettant que ces derniers soient souvent instrumentalisés à des fins politiques. « Il faut rappeler à la République qu’elle doit traiter tous ses citoyens avec équité, quelle que soit leur origine, leur couleur ou leur religion », a-t-il ajouté avec gravité.
Karim Zeribi n’a pas manqué de critiquer sévèrement Bruno Retailleau, actuel ministre de l’Intérieur et des Cultes, qu’il accuse de « polluer les relations entre la France et l’Algérie ». À ses yeux, Retailleau utilise l’Algérie, l’islam et les immigrés comme boucs émissaires dans une stratégie électoraliste. « Il ne se passe pas un jour sans qu’il n’aborde un sujet lié à l’Algérie de manière provocante et irrespectueuse », a dénoncé Zeribi.
Il considère que la coopération franco-algérienne est inéluctable, mais impossible à envisager dans un climat aussi délétère : « Ça ne pourra pas se faire avec Bruno Retailleau».
T. Feriel

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