Après la crise de la banane : L’Etat passe à l’offensive

Dans un contexte de réorganisation du commerce extérieur, plusieurs opérateurs économiques activant dans l’importation de bananes ont reçu, ce samedi, leurs documents de domiciliation bancaire. Cette procédure, pilotée par le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, constitue une étape décisive pour sécuriser l’approvisionnement du marché national et restaurer la stabilité des prix, fortement mis à mal ces derniers mois.
Supervisée par le ministre Kamel Rezig, l’opération s’inscrit dans la mise en œuvre des directives du président de la République, qui ont acté la dissolution de l’Agence nationale de promotion du commerce extérieur (ALGEX). Une phase transitoire est désormais engagée, dans l’attente de la création de deux nouvelles entités : l’une chargée de l’importation, l’autre de l’exportation. Cette restructuration s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer la transparence, à rationaliser les circuits d’approvisionnement et à mieux encadrer les opérations commerciales sensibles.
Le ministère a précisé que la délivrance progressive des autorisations de domiciliation bancaire concernera, à terme, d’autres produits stratégiques, dans le but de prévenir les déséquilibres du marché tout en garantissant la continuité des flux d’importation.
Cette réforme intervient après une crise aiguë qui a touché le marché de la banane en mars 2025. Le prix du fruit, habituellement stable autour de 400 dinars le kilogramme, a enregistré une flambée sans précédent, atteignant jusqu’à 850 dinars dans certaines régions, notamment à Alger. L’explosion des prix a été attribuée à des pratiques spéculatives menées par certains importateurs. En réponse, le ministère du Commerce a pris des mesures disciplinaires contre 53 opérateurs, leur retirant définitivement l’autorisation d’importer. En parallèle, 34 conteneurs de bananes, représentant près de 800 000 kilogrammes, ont été saisis au port d’Annaba, avant d’être redistribués à des prix encadrés (220 dinars pour les professionnels, 250 dinars pour les consommateurs).
Au-delà de la régulation conjoncturelle, ces événements ont révélé la vulnérabilité des dispositifs de contrôle et de régulation des importations en Algérie. Le gouvernement entend désormais réformer en profondeur ce secteur stratégique, en y introduisant des mécanismes de traçabilité, de transparence et de responsabilité, avec pour objectif la protection du marché national et du pouvoir d’achat des citoyens.

O.A Nadir

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