Risques sismiques: L’Algérie se penche sur l’expérience nippone

Dans le cadre de la prévention des catastrophes naturelles, notamment les séismes, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités Locales et de l’Aménagement du Territoire poursuit sa coopération avec l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA). Un projet pilote de diagnostic sismique vient d’être mis en œuvre sur un bâtiment expérimental, dans le but d’évaluer sa résistance aux tremblements de terre.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie globale de renforcement des capacités nationales face au risque sismique, qui reste une menace constante pour l’Algérie. En effet, outre les tremblements de terre « modérés » enregistrés, le pays a connu plusieurs séismes marquants ces dernières années, notamment ceux de Mila en 2020 qui a provoqué d’importants dégâts matériels, de Blida en 2014, causant la panique et des blessures, d’Aïn Témouchent (1999), qui a engendré le décès de 28 personnes et causé de nombreuses victimes, et bien sûr, le séisme meurtrier de Boumerdès en 2003, d’une magnitude de 6,8, ayant fait plus de 2 000 morts et des milliers de blessés.
Aussi, et depuis le début de cette année, l’Algérie a connu une activité sismique marquée, avec un important tremblement de terre de magnitude 5,1, enregistré le 18 mars dernier près de Médéa. Ces séismes rappellent que le pays est situé dans une zone tectonique active, à la convergence des plaques africaine et eurasienne, exposant ainsi plusieurs régions du nord à des risques sismiques significatifs. Ces secousses, bien que souvent de faible intensité, sont fréquentes et naturelles dans ces zones, mais elles soulèvent des inquiétudes quant à la vulnérabilité des infrastructures et la nécessité d’une vigilance constante.
Pour limiter les risques, le pays a renforcé ses normes parasismiques, comme en témoigne la publication en 2024 d’une version actualisée des Règles parasismiques algériennes (RPA). Ces normes imposent des exigences strictes aux constructions, notamment dans les zones à risque, afin d’améliorer la résistance des bâtiments.
Ce contexte explique l’intérêt d’un partenariat scientifique avec des pays à forte expertise en la matière, à l’instar du Japon. Actuellement, une équipe d’experts japonais mène des investigations techniques conjointes avec les institutions algériennes, notamment le CRAAG, le CGS, le CNERIB et le CTC, afin de développer un modèle national de diagnostic et de renforcement parasismique des bâtiments existants.
Le projet, lancé en 2024 pour une durée de deux ans, ambitionne de former les acteurs nationaux, transférer le savoir-faire japonais et améliorer la résilience des infrastructures face aux séismes.
Selon le ministère, cette collaboration constitue un exemple concret de transfert technologique et de coopération bilatérale au service de la sécurité des citoyens et de la préservation du patrimoine bâti. Le bâtiment expérimental testé pourrait ainsi servir de référence pour une mise en œuvre à grande échelle sur l’ensemble du territoire national.
T. Feriel
