Apologie du terrorisme : Trois ans de prison en appel pour les coupables
Les deux frères, L. Naji et Younes, et leur ami S. Sofiane ont comparu récemment devant le tribunal criminel d’appel d’Oran pour apologie du groupe terroriste Daech, ainsi que pour non-dénonciation d’actes criminels. À l’issue des délibérations, le tribunal a confirmé les peines prononcées en première instance : trois ans de prison ferme pour L. Naji et S. Sofiane, et une année de prison avec sursis pour L. Younes, poursuivi uniquement pour non-dénonciation.
Les faits remontent au 28 octobre 2023, à la suite d’une enquête liée à des actes d’apologie du terrorisme. L’arrestation de L. Naji a révélé qu’il était imprégné de l’idéologie djihadiste, notamment en lien avec des groupes actifs en Syrie. Il a déclaré avoir communiqué via l’application Telegram avec une femme syrienne, connue sous le nom de Jouriya Al-Muwahda, qu’il projetait de rejoindre et d’épouser. Il aurait également incité son frère et son ami à en faire de même, leur proposant d’épouser des contacts féminins pour faciliter leur intégration.
Interpellé à son tour, S. Sofiane a reconnu avoir été approché par L. Naji pour faire la connaissance d’une Syrienne à travers Telegram. Il a créé un compte sur cette application, mais a affirmé qu’il n’avait finalement eu aucun contact réel avec elle.
Quant à L. Younes, il a révélé que son frère lui avait parlé de partir combattre en Syrie, mais qu’il avait refusé. Il a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait que de propos tenus sans suite concrète.
Lors du procès en appel, tous les accusés sont revenus sur leurs déclarations initiales. Le principal accusé, L. Naji, a nié toute adhésion à l’idéologie djihadiste de l’État Islamique, précisant qu’il suivait uniquement des contenus liés à la cause palestinienne, au Hamas et à l’actualité de Ghaza sur TikTok. Il a qualifié sa relation avec la Syrienne de simple échange virtuel sans engagement.
S. Sofiane, de son côté, a déclaré avoir été curieux, sans réelle intention de rejoindre un groupe terroriste. Il a nié avoir eu connaissance des vidéos faisant l’éloge d’actes terroristes retrouvées sur son téléphone, affirmant ne pas savoir comment elles y étaient apparues.
Enfin, L. Younes a expliqué qu’il possédait deux cartes SIM, et que son frère aurait utilisé l’une d’elles pour créer un compte sans son consentement. Il a reconnu avoir été approché verbalement par ce dernier au sujet du djihad, mais a insisté sur le fait qu’il n’avait jamais envisagé d’y donner suite.
Le ministère public, dans son réquisitoire, a rappelé les éléments matériels à charge, notamment les communications électroniques et les contenus saisis sur les téléphones des accusés.
Il a requis 10 ans de réclusion assortie d’une amende de 500.000 dinars, ainsi que la confiscation des objets saisis.
La défense a plaidé les circonstances atténuantes, soulignant que les accusés, tous âgés de moins de 30 ans, ont été poussés par la curiosité et une certaine naïveté, sans réelle intention criminelle.
Zemmouri L.
