Afin de maîtriser les coûts publics: Une cinquantaine de mégaprojets sous surveillance
Près d’une cinquantaine de grands projets d’infrastructure, représentant un investissement colossal de plus de 6.400 milliards de dinars, font actuellement l’objet d’un suivi rigoureux par la Caisse nationale d’équipement pour le développement (Cned), dans le but d’optimiser les dépenses publiques et de prévenir tout dérapage budgétaire.
Dans une déclaration à l’APS, le directeur général de la Cned, Mohamed Salim Telidji, a précisé que 78 % de ces projets relèvent du secteur des travaux publics et des infrastructures de base, tandis que le reste concerne l’hydraulique et l’habitat-urbanisme.
Les chantiers en cours portent sur des secteurs hautement stratégiques : autoroutes, lignes ferroviaires, tramways, métros, barrages, stations de dessalement, réseaux hydrauliques et villes nouvelles. Autant d’investissements structurants qui conditionnent le développement économique et social du pays.
La Cned, placée sous tutelle du ministère des Finances, veille à une meilleure efficience de la dépense publique, en analysant les études des projets financés par l’État et en émettant des recommandations précises pour éviter les surcoûts et les retards.
« L’objectif est d’avoir une vue globale sur les coûts, les délais et la qualité d’exécution. Nous intervenons en amont pour détecter les points de blocage potentiels et proposer des solutions », a indiqué M. Telidji.
En 2024, plus de 30 études ont été examinées par la Cned. Depuis sa création en 2006, l’organisme a passé en revue environ 180 grands projets publics. Une expérience précieuse qui a contribué à une prise de conscience progressive de l’importance des études de faisabilité, d’impact environnemental et d’ingénierie approfondie avant tout lancement.
« Le progrès des compétences locales en ingénierie et en conseil est un indicateur positif. Les guides élaborés par la Cned ont permis une meilleure préparation des projets », a souligné le directeur.
La Cned joue aussi un rôle clé dans la promotion du Partenariat public-privé (PPP) comme mode de financement alternatif. Un avant-projet de loi, élaboré en collaboration avec la Direction générale du budget, est en cours d’enrichissement.
L’Algérie possède déjà une expérience probante dans ce domaine, notamment dans les secteurs de la production d’électricité, le dessalement d’eau de mer, et la gestion de la distribution d’eau dans plusieurs wilayas (Alger, Oran, Constantine, Annaba…).
« Le PPP est un axe majeur des réformes économiques. Mais il doit reposer sur un cadre juridique cohérent et un environnement des affaires attractif », a insisté M. Telidji.
Dernière innovation annoncée : le lancement prochain d’une plateforme digitale dédiée à la gestion et au suivi des projets d’infrastructure. Cette interface permettra aux ministères et autres maîtres d’ouvrage de soumettre leurs dossiers à la Cned et de consulter, en temps réel, les rapports d’analyse, indicateurs de performance et documents techniques.
Une avancée qui s’inscrit dans la dynamique de modernisation de la gouvernance publique, et qui vise à renforcer la transparence, la réactivité et la rigueur dans la gestion des investissements publics.
Ch.G
