Le convoi algérien rejoindra la marche mondiale: Al-Soumoud prend la route vers Ghaza

Le convoi algérien de la caravane Al-Soumoud, en soutien à la population martyrisée de Ghaza sous blocus, a pris la route, hier matin, dans un élan de solidarité sans précédent.

En direction de la capitale tunisienne, le convoi passera par le poste-frontière d’Oum Teboul et traversera la ville de Béja, où une halte est prévue à 16h00 à l’Espace des Princes (Parc des Princes). Ce moment de repos sera également l’occasion de rencontres, de chants militants et de prises de parole en soutien à la cause palestinienne. Cette caravane, porteuse d’espoir et de résistance, réunira aujourd’hui 9 juin à 4h00 du matin, les délégations tunisiennes et maghrébines au point de départ général situé avenue Mohamed V à Tunis. De là, les participants continueront leur route commune en direction du passage de Rafah, porte d’entrée vers la bande de Ghaza, afin de briser le blocus et d’exiger un accès immédiat de l’aide humanitaire.
Les organisateurs appellent la population à accueillir chaleureusement la délégation algérienne, soulignant la dimension humaine et fraternelle de cette initiative transnationale : « Brandissons haut les drapeaux, en signe de notre engagement ferme et indéfectible pour la cause palestinienne », ont scandé ces militants. Al-Soumoud n’est pas seulement un convoi humanitaire, mais une caravane de la mémoire, de la dignité et de la résistance. Elle réactive les liens historiques entre les peuples du Maghreb et la Palestine, dans la continuité des luttes anticoloniales et de la solidarité. Elle est le reflet d’une conscience collective qui refuse l’oubli et l’indifférence. De l’Algérie à la Tunisie, de Tunis à Rafah, c’est une marche pour la justice qui s’organise. Une marche que rien ne saurait étouffer, ni les frontières, ni les murs, ni les armes.

Ghaza n’est pas seule

Cette action s’inscrit dans le cadre de la Marche mondiale pour Ghaza, prévue le 12 juin prochain, à laquelle participeront plus de 2 500 personnes représentant 54 pays, rassemblées pour marcher pacifiquement vers Rafah. Cette marche vise à faire pression sur la communauté internationale pour garantir l’acheminement urgent de l’aide humanitaire dans la bande de Ghaza, ravagée par dix-neuf mois d’une guerre meurtrière que de nombreuses voix qualifient désormais de génocide. Dans un billet poignant publié le 7 juin sur je journal français Médiapart, l’écrivaine et journaliste Djemâa Chraïti a rendu hommage aux participants : « Félicitons ces hommes et ces femmes qui prendront la route pour un avenir meilleur, à Ghaza… Personne ne sortira indemne de cette sale guerre, qu’elle cesse au plus vite ! » Citée dans son article, la pensée du psychiatre et anticolonialiste Frantz Fanon résonne douloureusement dans ce contexte : « Lorsqu’il y a un bourreau et une victime, ce sont deux aliénations qui en résultent. »
Alors que les peuples marchent pour la paix, la réalité sur le terrain reste marquée par une attitude inhumaine persistante des autorités d’occupation sionistes. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé, hier, avoir ordonné à l’armée d’empêcher l’arrivée de la flottille humanitaire “Madleen” vers Ghaza. À son bord, 12 militants pro-palestiniens, dont Greta Thunberg, célèbre activiste suédoise. Cette décision, largement dénoncée par les défenseurs des droits humains, illustre l’ampleur des obstacles inhumains dressés contre toute tentative de soulagement du peuple palestinien.
Par ailleurs, le génocide se poursuit en toute impunité en Palestine. Les sources médicales locales ont annoncé, hier, le martyr de 54.880 Palestiniens, dont la plupart des femmes et des enfants, depuis le début du génocide, le 7 octobre 2023. Les mêmes sources ont affirmé que le bilan des blessés s’élève à 126 227 alors que des milliers de victimes sont toujours sous les décombres sans que les équipes de secours ne puissent les atteindre. 108 et 393 blessés ont été enregistrés au cours des 24 dernières heures, tandis que 4 603 martyrs et 14 186 blessés ont été dénombrés depuis le 18 mars dernier après la violation de l’accord de cessez-le-feu par l’occupation sioniste.
G. Salima

Bouton retour en haut de la page