Développement urbain : Quand l’expansion ignore la culture

Alors que la ville d’Oran connaît depuis plusieurs années une extension urbaine rapide, notamment avec la création de nouvelles cités en périphérie, un constat s’impose : ces zones d’habitation manquent cruellement d’infrastructures culturelles. Ce déséquilibre territorial met en lumière une problématique de fond dans la planification urbaine oranaise : l’oubli de la dimension culturelle dans le développement des nouveaux quartiers.
Les grandes infrastructures culturelles de la ville à l’image du Théâtre régional d’Oran, le Palais de la culture, le Musée Ahmed Zabana ou encore le Musée d’art moderne d’Oran (MAMO), sont concentrées dans le centre-ville. Ces institutions, emblématiques et historiques, jouent un rôle central dans la vie culturelle de la ville, mais leur centralisation géographique limite l’accès à la culture pour les habitants des zones périphériques, souvent contraints à de longs déplacements pour y accéder.
Dans les nouveaux pôles urbains comme ceux de Bir El-Djir, les nouvelles cités implantées à Oued Tlélat, ou encore le pôle urbain Ahmed Zabana de Misserghine, les équipements culturels publics sont quasi inexistants. Les rares initiatives émanent du secteur privé, comme un théâtre récemment ouvert dans le quartier d’USTO ou un cinéma intégré au centre commercial d’Es-Sénia. Mais ces cas restent l’exception et ne suffisent pas à combler le vide culturel ressenti dans ces vastes zones d’habitation. Dans le meilleur des cas, les habitants peuvent compter sur la présence de maisons de jeunes, souvent sous-équipées et limitées dans leur programmation. Ce manque d’espaces culturels de proximité impacte directement la vie sociale, l’éveil artistique des jeunes générations et le dynamisme culturel local.
Face à cette situation, de nombreuses voix s’élèvent pour appeler à une meilleure intégration de la culture dans les politiques d’aménagement urbain. «La création de nouveaux quartiers ne devrait pas se limiter à l’aspect résidentiel et commercial. Intégrer des équipements culturels dès la phase de conception permettrait non seulement d’enrichir le cadre de vie des habitants, mais aussi de favoriser la cohésion sociale et l’accès équitable à la culture», plaide, Nasro, militant d’une association culturelle.
Oran, ville au riche patrimoine artistique et historique, ne peut se permettre une urbanisation à deux vitesses où la culture resterait le privilège du centre. Pour Nasro, «il est temps de repenser les priorités et de faire de la culture un pilier du développement urbain à part entière».
G. Salima

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