Poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation : 7 ans de prison requis contre Belghit

Le parquet près le tribunal de Dar El Beïda a requis 7 ans de prison ferme et une amende de 700 000 dinars algériens à l’encontre de Mohamed Lamine Belghit.
Le parquet de la République a poursuivi l’accusé pour délit de « propagation de discours de haine » et de « discrimination » via « les technologies de l’information et de la communication », ainsi que pour promotion délibérée, par quelque moyen que ce soit, de « fausses informations ou nouvelles susceptibles de porter atteinte à l’ordre public, et pour atteinte à l’intégrité et à l’unité nationale ».
Pour rappel, la justice avait réagi à la diffusion virale, sur les réseaux sociaux, d’un extrait vidéo issu d’un entretien télévisé entre une journaliste de la chaîne émiratie « Sky News Arabia » et Belghit Mohamed El Amine. Lors de cet échange, celui qu’on présente comme un historien a affirmé que la langue amazighe serait un projet franco-sioniste. Il avait déclaré à ce propos que la dimension amazighe de l’identité algérienne « n’a jamais existé » historiquement et qu’il s’agit d’une « création des services français et sionistes ».
Dans un communiqué officiel, le parquet près du tribunal de Dar El Beïda a affirmé que conformément à l’article 11 de la loi de procédure pénale, ces propos constituent une violation des principes fondamentaux régissant la société algérienne, consacrés par la Constitution, ainsi qu’une atteinte à un pilier essentiel de l’identité nationale, et une atteinte flagrante à l’unité nationale, aux symboles et aux constantes de la Nation. Le tribunal a annoncé que le parquet a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire et l’arrestation du suspect. Après interrogatoire du prévenu par le juge d’instruction, le tribunal a ordonné son placement en détention provisoire. L’institution judiciaire a souligné que ces déclarations représentent une attaque directe contre l’unité nationale et les symboles de la nation, dans un contexte où l’Algérie œuvre à consolider son identité plurielle, fondée sur l’égalité et la reconnaissance de toutes ses composantes culturelles et linguistiques.
Sa demande de remise en liberté provisoire, introduite par ses avocats, a été rejetée par la Cour d’appel d’Alger le 21 mai dernier. Il reste donc incarcéré en attendant l’issue du procès.
T. Feriel
