Trump annonce une trêve : Israël intensifie ses massacres

Alors qu’Israël poursuit ses bombardements meurtriers sur Ghaza, le président américain Donald Trump a affirmé mardi qu’un accord aurait été trouvé avec Tel Aviv pour un cessez-le-feu de 60 jours. Selon lui, Israël aurait « accepté les conditions nécessaires » à une trêve, qui serait soumise à la validation finale du Hamas via les médiateurs qatari et égyptien.

Mais sur le terrain, l’espoir reste fragile : au moins 29 Palestiniens ont été tués hier matin dans de nouvelles frappes sioniste. Des sources médicales ont notamment annoncé la mort en martyr du Dr Marwan Al-Sultan, directeur de l’hôpital indonésien dans le nord de la bande assiégée.
À Ghaza, l’annonce a été accueillie avec un mélange d’espoir désespéré et de scepticisme.
« J’espère que cette fois ça fonctionnera, même pour deux mois. Cela sauverait des milliers de vies innocentes », a déclaré Kamal, un habitant de Ghaza, au téléphone à Reuters. Pourtant, les précédents parlent d’eux-mêmes : deux cessez-le-feu ont été conclus depuis octobre 2023, et tous deux ont été rompus par Israël. La première trêve n’a duré que sept jours en novembre, la seconde 42 jours entre janvier et mars 2025. À chaque fois, l’entité sioniste a relancé sa guerre avec encore plus de violence.
Trump, qui cherche visiblement à exploiter la situation pour redorer son image de chef de paix, joue un jeu dangereux. Son ton menaçant vis-à-vis du Hamas — « la situation ne fera qu’empirer » — relève plus du chantage que de la diplomatie. Il tente de capitaliser sur le contexte régional, notamment l’affaiblissement de l’Iran après l’agression israélo-américaine, pour imposer à Ghaza une capitulation déguisée.
Côté israélien, le double discours continu.
Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a confirmé l’accord, tout en imputant la poursuite de la guerre au Hamas, exigeant son désarmement complet. Netanyahou, quant à lui, aurait demandé à Trump des « garanties claires » que les États-Unis soutiendraient la reprise de la guerre si les objectifs israéliens ne sont pas atteints.
Les médias israéliens ont mis en lumière l’intensification du débat interne sur la poursuite de la guerre à Ghaza, révélant un profond désaccord entre les niveaux militaire et politique. Selon Moriyah Asraf Wolberg, journaliste politique de la chaîne 13, deux réunions « dramatiques » ont eu lieu ces derniers jours dans le bureau de Netanyahou.
L’armée, représentée par le chef d’état-major Eyal Zamir, estime que les objectifs militaires ont été épuisés et que poursuivre les combats met en danger la vie des otages.En revanche, les ministres Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich ont rétorqué que « la question des otages est moins importante que la défaite du Hamas ». Le débat, houleux et marqué par des échanges à voix haute, a mis en évidence la division du leadership israélien. Des experts comme Kobi Marom ont remis en question les prétendus succès de l’armée : « Qu’avons-nous réellement accompli ? Avons-nous libéré les otages ? Avons-nous conclu un accord ? ». L’ancien coordinateur des affaires des otages au cabinet du Premier ministre, Lior Lotan, a lui aussi reconnu que « l’Israël officiel n’a atteint aucun de ses objectifs ». Pour la chercheuse Noa Shusterman, la guerre n’a pas affaibli le Hamas sur le terrain.
Le Hamas n’a pas encore réagi officiellement, mais selon des sources proches du mouvement, ses dirigeants attendent des clarifications avant de répondre.
Le mouvement de résistance a pourtant réitéré sa disponibilité à étudier tout accord qui garantirait un arrêt total de la guerre, un échange d’otages et un retrait israélien de Ghaza avec des garanties internationales. À l’opposé, Israël continue de poser des conditions irréalisables, refusant toute fin de guerre sans la destruction de la résistance palestinienne.Les médiateurs Qatar et l’Égypte sont une nouvelle fois sollicités, mais leur rôle réel reste incertain.
Si Trump les remercie pour leur « travail pour la paix », le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères a nié, il y a deux jours, l’existence de négociations en cours, tout en reconnaissant une volonté américaine de relancer les pourparlers.
La vérité est que sans rupture claire de Washington avec la politique coloniale sioniste, aucune médiation ne peut prétendre à une solution juste.
Enfin, la question des prisonniers reste au cœur de l’équation.
Israël affirme que 50 otages sont encore détenus à Ghaza, dont 20 en vie, alors qu’il détient plus de 10 400 Palestiniens dans des conditions inhumaines.
Le président Trump a évoqué une « grande entente » incluant la fin de la guerre et la libération des otages, mais sans jamais condamner les crimes de guerre ni exiger la fin du siège. En vérité, cette manœuvre semble être une nouvelle tentative cynique de gagner du temps, de calmer l’indignation mondiale, et de permettre à Israël de se réorganiser avant de frapper à nouveau. Une véritable paix ne viendra pas des fauteurs de guerre.
Djamel Hamdan

Bouton retour en haut de la page