Inflation maîtrisée, réserves en hausse Tebboune : «L’économie algérienne est en bonne santé»

Lors de son entrevue télévisée avec les médias nationaux, le président Tebboune a fait de nombreuses déclarations portant sur divers sujets. Le volet économique a constitué une bonne part des sujets évoqués par le chef de l’État qui a notamment affirmé que les citoyens commencent à percevoir des changements positifs. Il a assuré que les projets avancent conformément aux perspectives fixées jusqu’à 2025 et 2027.
Le chef de l’État a souligné que l’économie nationale est en bonne santé, avec des indicateurs positifs tels que la baisse de l’inflation (passée de 9,7% en 2020 à moins de 4 %), une hausse des réserves de change, et l’absence de dette extérieure. L’accent sera mis sur la gestion optimisée, la diversification économique, et le soutien à la production nationale. Le président de la République a insisté sur l’importance de réduire la dépendance aux hydrocarbures et de lutter contre l’économie informelle, notamment par l’intégration de la micro-importation dans le statut d’auto-entrepreneur. Il a souligné que les transferts sociaux (13 à 14 milliards de dollars par an) sont soutenables et que les subventions aux produits de première nécessité restent une priorité, assurant la sécurité alimentaire du pays. Le président Tebboune a annoncé que l’économie du pays vise à atteindre 20.000 startups d’ici la fin de son mandat. En 2019, on en comptait seulement 200, contre 9.000 aujourd’hui, a-t-il encore dit. Cette croissance rapide est due à la levée des obstacles bureaucratiques et à un encouragement de l’initiative entrepreneuriale. Certaines startups sont déjà cotées en bourse et se développent dans divers secteurs.
Le président a également salué le rôle des universités devenues incubateurs et a affirmé que l’expérience algérienne en matière de startups est reconnue à l’échelle internationale. Le chef de l’État a réaffirmé sa volonté de construire une économie algérienne indépendante des hydrocarbures, soulignant l’instabilité du marché pétrolier. Il s’est félicité d’une croissance économique de 4% sans recours à l’endettement extérieur et de réserves de change atteignant 70 milliards de dollars. Il a insisté sur la nécessité d’une bonne gouvernance plutôt que d’austérité. Le chef de l’État a affirmé que les projets d’investissement en Algérie progressaient comme prévu avec 80 à 85% des objectifs atteints. Il a souligné la levée des obstacles bureaucratiques, notamment liés au foncier et mis en avant l’enregistrement de plus de 13.000 projets, dont beaucoup déjà réalisés. L’objectif est de renforcer la production nationale pour réduire les importations et accroître les exportations hors hydrocarbures.

Pas de politique d’austérité

Le président Tebboune a également salué le patriotisme des entrepreneurs algériens et annoncé la mise en place d’un guichet unique pour faciliter l’investissement. Il a précisé qu’il n’y avait pas de politique d’austérité en Algérie et appelé à faire disparaître l’économie informelle sans coercition. Il a indiqué que des ajustements dans l’action gouvernementale seraient faits selon les besoins. Le président Tebboune a également mis en avant la performance du secteur agricole, avec une production nationale estimée à 38 milliards de dollars, et salué des réussites locales, comme la viticulture à Boumerdès et la production excédentaire de pommes dans les Aurès. Le président a affirmé la détermination de l’État à poursuivre la mise en œuvre des programmes visant à renforcer l’indépendance politique et économique du pays, tout en maintenant son caractère social. Le chef de l’État qui prévoit un taux de croissance économique d’au moins 4%, a rappelé que l’Algérie, en tant qu’État social, adapte les recommandations du FMI à sa propre politique, et n’envisage aucune mesure d’austérité malgré la baisse des prix du pétrole. Le président Tebboune a aussi défendu la politique des transferts sociaux, les jugeant soutenables économiquement malgré les critiques.
Concernant le gouvernement, il a noté une amélioration dans les performances ministérielles, tout en reconnaissant la nécessité de révisions dans les secteurs les moins performants. Il a mis en avant les avancées du pays en matière de numérisation, d’intelligence artificielle et de cyber-sécurité, pour une meilleure transparence économique. Enfin, il a réitéré son engagement pour l’égalité des chances entre tous les Algériens, y compris ceux de la diaspora, et assuré que l’Algérie reste bien préparée à faire face aux menaces terroristes grâce à une armée et des services de sécurité expérimentés.

Renault peut rouvrir mais à condition…

Concernant l’industrie automobile, il a annoncé l’arrivée de grandes marques avec des taux d’intégration locaux élevés (jusqu’à 40%), notamment Fiat à Oran, tout en rappelant que les erreurs passées (assemblage sans valeur ajoutée) ne se répéteront plus. Le chef de l’État a rappelé les conditions pour l’agrément des marques automobiles en Algérie et a évoqué le cas de l’usine Renault basée à Oued Tlelat, qui est en cessation d’activité depuis 2020, après la suppression du dispositif fiscal lié à l’importation des kits SKD pour les unités d’assemblage de voitures. «En sept ans de présence, l’usine de Renault n’a pas dépassé un taux d’intégration de 5%», a révélé le chef de l’État, qui a posé une seule condition pour le retour du constructeur automobile en Algérie. «Si Renault augmente le taux d’intégration, son usine va rouvrir», a-t-il affirmé, indiquant que la marque Fiat du groupe Stellantis a bien progressé dans «l’intégration». En mai dernier, le gouvernement avait rejeté une nouvelle demande d’agrément de Renault et l’a exhorté à revoir son projet industriel en Algérie. Le problème de la marque au losange porte sur le taux d’intégration. Lancé en 2014, le constructeur français assemblait trois m odèles : Symbol, Clio et Dacia Stepway. En 2020, il a dû fermer ses portes après la décision des autorités de revoir les conditions d’assemblage de voitures en Algérie. L’importation de véhicules sera conditionnée par la disponibilité d’un service après-vente.

L’Algérie fidèle au principe de non-ingérence

Le président Tebboune a, par ailleurs, réaffirmé l’attachement de l’Algérie aux principes de bon voisinage, de non-ingérence dans les affaires intérieures des États et d’assistance en cas de besoin. Il a évoqué l’engagement de l’Algérie à soutenir des pays voisins en crise, comme le Mali, le Niger, le Burkina Faso et la Libye, tout en soulignant que l’Algérie refuse toute ingérence dans leurs affaires internes. Il a également assuré que les frontières algériennes sont sécurisées grâce à l’expérience du pays dans la lutte antiterroriste. Le président a réitéré le soutien constant de l’Algérie aux causes palestinienne et sahraouie. Il a aussi insisté sur l’attachement de l’Algérie au principe du non-alignement depuis 1955, expliquant que cela lui permet de maintenir de bonnes relations avec des puissances comme les États-Unis, la Russie et la Chine. Enfin, il a mentionné les relations positives de l’Algérie avec les pays asiatiques, notamment dans le cadre de son adhésion au Traité d’amitié et de coopération de l’ASEAN.
G. Salima

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