Trafic de smartphones au port d’Oran : Des douaniers condamnés en appel
L’affaire de contrebande de smartphones qui avait éclaboussé plusieurs agents des douanes du port d’Oran a été jugée par le tribunal criminel d’appel. A l’issue des débats, des peines de trois, cinq ans et six ans de prison ont été prononcées contre les principaux mis en cause. Un des accusés, acquitté en première instance, a vu son acquittement confirmé en appel.
Les prévenus étaient poursuivis pour faux en écriture sur documents administratifs, complicité de contrebande et utilisation de moyens de transport à des fins illicites.
Les faits remontent au 13 août 2022, lorsque des informations sont parvenues aux services de la Police des Frontières (PAF) du port d’Oran concernant l’arrivée imminente de deux voyageurs en provenance d’Espagne, à bord du navire algérien Tarik Ibn Ziad. Selon les renseignements reçus, les individus en question transportaient une importante cargaison de téléphones portables dissimulée dans deux véhicules : une Citroën Jumpy et une Peugeot Boxer.
Les services de sécurité ont surveillé les opérations jusqu’à la sortie des véhicules après les formalités douanières. Une fouille minutieuse a permis la saisie de 4.284 téléphones portables dans la Citroën Jumpy. Dans le second véhicule, 830 téléphones supplémentaires ont été découverts.
L’enquête a conduit à l’arrestation, le 22 août 2022, de plusieurs agents de douane soupçonnés d’avoir facilité le passage de cette marchandise. Il s’agit notamment de C.M.R., responsable du service de contrôle, K.T., N.B., F.M., B.H. et S.M., tous officiers ou agents de contrôle au port d’Oran.
Les investigations ont mis en évidence une complicité présumée entre les douaniers et les deux importateurs pour contourner les contrôles. Interrogés à l’audience, les accusés ont nié les faits. H.K., l’un des commerçants impliqués, a affirmé qu’un certain «Mohand», originaire d’Alger, lui avait confié la marchandise en échange de 3,5 millions de dinars. Le second mis en cause a également affirmé que les téléphones lui avaient été remis par cette même personne, présente sur le navire.
Les douaniers, pour leur part, ont tous tenté de se disculper, se rejetant mutuellement la responsabilité. L’agente B.H. a notamment déclaré avoir prêté son cachet à un collègue ayant «oublié le sien», accusation immédiatement réfutée par l’intéressé.
Le représentant du ministère public a requis les peines maximales prévues par la loi, soulignant la gravité des faits et la trahison de la confiance publique.
Zemmouri L.
