Allocations touristiques : Alerte sur de fausses offres de voyages

L’Association de Protection des consommateurs (APOCE) alerte sur des messages circulant depuis quelques jours sur les réseaux sociaux et par le bouche-à-oreille, vantant des séjours organisés de sept jours à l’étranger, totalement gratuits.

Les seules conditions affichées par certaines agences de voyages : être âgé de plus de 19 ans et fournir un passeport en cours de validité. Pour beaucoup, l’offre a tout d’un rêve… sauf qu’elle cache une opération illégale aux conséquences potentiellement graves pour les participants, selon la même source.
Selon cette dernière, ces agences n’offrent pas réellement de vacances sans frais, mais profitent de l’allocation en devises accordée par la Banque d’Algérie à chaque citoyen souhaitant voyager à l’étranger. Ce « droit de change » — qui permet à tout Algérien de bénéficier d’un montant en devises pour financer son séjour — est détourné par ces structures à leur profit. Pire encore, ces opérations de change seraient effectuées sans la présence même du titulaire du passeport, un procédé qui constitue une infraction grave à la réglementation.
La directive n°05-2025, qui encadre l’octroi du droit de change pour les voyages, est pourtant sans ambiguïté. Son article 10 stipule clairement qu’il est interdit d’utiliser cette allocation à d’autres fins que le financement du voyage pour lequel elle est accordée. Détourner ce montant, le céder ou le remettre à un tiers constitue une violation de la loi, passible de poursuites judiciaires et de sanctions prévues par le code en vigueur. Le droit de change est un avantage strictement personnel, non transférable, et réservé uniquement au bénéficiaire légitime.
Face à cette situation inédite, la Banque d’Algérie a jugé nécessaire de publier un communiqué officiel pour alerter les citoyens. L’institution rappelle que tout voyageur doit utiliser lui-même l’allocation en devises qui lui est octroyée et qu’aucune transaction ne doit être effectuée au bénéfice d’un tiers. Elle met également en garde contre les intermédiaires et agences peu scrupuleuses qui profitent de l’attrait des voyages à bas coût pour contourner les règles en vigueur.
Ces opérations, qui se présentent comme de simples offres touristiques, s’apparentent en réalité à un système de contournement du droit de change, exposant les personnes impliquées — même celles qui croyaient participer à un séjour gratuit — à des conséquences judiciaires lourdes. En cas de contrôle, les voyageurs risquent d’être considérés comme complices d’un détournement de fonds publics, avec à la clé amendes, poursuites et inscription dans des fichiers administratifs restreignant leur accès futur à certains droits.
Alors que la demande de voyages à l’étranger reste forte et que le taux de change parallèle rend les devises rares et chères, ces agences exploitent une faille en séduisant un public parfois peu informé des implications légales. Les autorités rappellent que la vigilance est de mise et que tout citoyen doit se méfier des offres trop belles pour être vraies. Derrière la promesse d’une semaine tous frais payés, c’est parfois le prix fort — juridique et moral — que risquent de payer les participants.
Pour éviter d’être piégé par ce genre d’arnaque, les experts conseillent de vérifier systématiquement l’agrément de l’agence auprès du ministère du Tourisme, de demander un programme détaillé du voyage, de ne jamais remettre son passeport ou ses documents personnels à un tiers sans raison justifiée, et surtout de se rappeler que le droit de change est nominatif et personnel. Les autorités encouragent également toute personne sollicitée par ce type d’offre à la signaler immédiatement aux services compétents.
O.A Nadir

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