Startups algériennes: L’international comme accélérateur d’innovation

Durant l’été 2025, plusieurs startups algériennes ont pris part à des voyages exploratoires en Chine, en Corée du Sud et aux États-Unis, dans le cadre d’un programme supervisé par le ministère de l’Économie de la connaissance, des Startups et des Micro-entreprises. Objectif : s’inspirer des meilleures pratiques mondiales en matière d’innovation et renforcer la compétitivité du tissu entrepreneurial national.
Ces missions, encadrées par l’accélérateur public Algeria Venture, ont permis à près de 75 startups de découvrir de près des écosystèmes de référence mondiale. Au programme : immersion dans les incubateurs, échanges avec des leaders de l’innovation et rencontres avec des investisseurs potentiels.
La Silicon Valley, Séoul et Shenzhen ont ainsi accueilli des délégations algériennes venues comprendre les secrets des grandes réussites technologiques. Pour Islam Mahi, fondateur de la plateforme « Socialo Scope », son passage de deux semaines en Californie fut un véritable tournant :
« J’ai présenté mon projet à plusieurs reprises devant des investisseurs et experts. Leurs conseils m’ont permis de revoir ma stratégie et de renforcer ma confiance. Cette expérience a changé ma vision de l’entrepreneuriat », explique-t-il.
De son côté, Abdelhamid Kendouz, fondateur de la fintech « Amana Tech », estime que son immersion en Chine a mis en lumière un élément essentiel : « Le succès d’un écosystème d’innovation repose sur la coopération étroite entre gouvernement, universités et startups. La rapidité d’exécution des Chinois est impressionnante, et cette dynamique est transposable au marché algérien. »
Outre l’apprentissage, ces missions ouvrent également la voie à des coopérations concrètes. Des discussions ont déjà été entamées avec des investisseurs asiatiques intéressés par le marché algérien, perçu comme une porte stratégique vers l’Afrique.
Amine Meqra, représentant de « TM Solutions », voit dans ces échanges une opportunité pour le développement de solutions innovantes, notamment dans les technologies vertes et l’intégration de l’intelligence artificielle.
Pour Farah Toumi, fondatrice d’« Agro Tech Solutions », qui a participé à un salon en Corée du Sud, l’enjeu est de hisser les startups algériennes au rang des modèles internationaux : « Avec le soutien actuel de l’État et l’ouverture aux expériences étrangères, nos jeunes entreprises peuvent franchir des étapes majeures, surtout dans des domaines stratégiques comme l’agritech », affirme-t-elle.
Ces initiatives s’inscrivent dans la stratégie nationale de soutien aux startups, portée par le président Abdelmadjid Tebboune. Une nouvelle destination est déjà prévue : la Slovénie, qui accueillera prochainement une délégation algérienne pour poursuivre ce cycle d’immersion.
En multipliant les passerelles entre les écosystèmes étrangers et locaux, l’Algérie entend accélérer la montée en puissance de son économie de la connaissance et transformer le potentiel de sa jeunesse en solutions concrètes pour le développement national.
R.N
