Entre 350 et 400 DA : La sardine redevient enfin accessible !

À Oran, une accalmie bienvenue s’observe sur les étals : le kilo de sardine se négocie désormais entre 350 et 450 DA, contre des sommets dépassant 1 200 DA ces dernières semaines. Cette baisse rapide est attribuée à une abondance retrouvée des prises, favorisée par une météo apaisée et une campagne de pêche active, qui a permis aux pêcheurs de retourner en mer dans de meilleures conditions.
Dans les marchés populaires comme ceux de la Bastille, El Hamri ou au Centre-ville, les clients manifestent un réel soulagement. Beaucoup peuvent de nouveau se permettre l’achat de ce poisson bleu jadis réservé à des occasions exceptionnelles. Plusieurs témoignages confirment que la sardine, jadis inaccessible pour de nombreuses familles, redevient un élément clé du menu hebdomadaire.
Les professionnels du secteur soulignent aussi l’impact des efforts structurels : modernisation progressive de la flotte, soutien aux jeunes pêcheurs pour équiper leurs embarcations, et amélioration des circuits de distribution, donnant une meilleure régularité à l’offre. Ces actions combinées ont permis de rétablir un équilibre entre l’offre et la demande, entraînant mécaniquement la baisse des prix.
Cependant, les acteurs économiques de la pêche à Oran mettent en garde contre la fragilité de cette accalmie. Les sardines restent sensibles aux caprices du climat, aux coûts de carburant et à la saisonnalité de la campagne : la stabilité actuelle pourrait ne durer que jusqu’en octobre, mois traditionnellement marqué par des apports consommateurs plus élevés.
Au-delà de l’aspect économique, cette baisse revêt une forte dimension symbolique. Considérée comme « le poisson du peuple », la sardine incarne non seulement une valeur nutritionnelle — riche en oméga-3 et protéines —, mais aussi un lien culturel profond. Sa réapparition à des prix abordables restitue un souffle de joie dans les foyers oranais, permettant de partager un repas simple, convivial et populaire.
O.A Nadir
