Bousfer : Enquête sur les habitations illicites du littoral

À Bousfer, l’heure est à la fermeté. Le maire, Djilali Djdid, a annoncé l’ouverture d’une enquête pour identifier et démolir toutes les habitations illicites qui enlaidissent le front
de mer.
Ces constructions sauvages, érigées sans autorisation, ont transformé la plage en un espace défiguré, bien loin de l’image d’une station balnéaire qui attire chaque été des milliers d’estivants. « C’est un vrai dérangement qui a sali l’embellissement de la plage », a-t-il déclaré avec vigueur, promettant des mesures exemplaires.
Le phénomène est ancien mais n’a cessé de s’amplifier, malgré les campagnes de démolition menées ces dernières années. En 2020, une cinquantaine de bâtisses avaient déjà été rasées, suivies par d’autres en 2021 et 2023. Mais le problème persiste : à mesure que les bulldozers interviennent, d’autres constructions surgissent, alimentées par la spéculation foncière et le laisser-faire. Cette fois, la municipalité assure vouloir aller au bout, avec un recensement complet et une opération de grande envergure appuyée par la wilaya d’Oran et les services de sécurité. Au-delà de l’urbanisme, c’est l’environnement et l’avenir touristique de Bousfer qui sont en jeu. L’urbanisation sauvage défigure le paysage, accélère l’érosion du littoral et fait fuir les visiteurs. Les lois sont claires : aucune construction n’est autorisée sur le domaine public maritime. Leur application stricte est désormais une urgence pour sauver ce qui peut l’être encore. L’annonce du maire marque donc un tournant. Après des années de tolérance et d’interventions ponctuelles, Bousfer semble décidé à rompre avec le cycle infernal des constructions illicites. Mais tout dépendra des actes : si les promesses sont tenues, la plage pourra retrouver son visage d’autrefois. Sinon, le délaissement continuera de ronger le littoral, inexorablement.
Khaled Boudaoui

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