Cancers du sein et du col de l’utérus : Campagne nationale de dépistage précoce

L’Algérie a donné mercredi dernier le coup d’envoi de sa campagne nationale de dépistage et de sensibilisation au cancer du sein et du col de l’utérus, dans le cadre d’Octobre rose. Objectifs : élargir l’accès au diagnostic précoce, consolider la prise en charge des patientes et réduire la mortalité.
Placée sous le slogan « Le dépistage précoce, un moment de conscience : n’hésite pas, ta vie est une responsabilité », la manifestation a été lancée par la ministre de la Solidarité nationale, Soraya Mouloudji, et le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, avec la participation de représentants du secteur social, médical, des Nations unies et des organisations civiles.
Le ministre de la Santé a rappelé que le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme en Algérie, avec plus de 14 000 nouveaux cas enregistrés chaque année.
Soraya Mouloudji a souligné l’importance d’une mobilisation permanente, au-delà de la simple campagne ponctuelle. Elle a insisté sur la gratuité du dépistage, l’aide matérielle et l’accompagnement psychologique pour les femmes diagnostiquées.
De son côté, M. Aït Messaoudene a réaffirmé la volonté des autorités de renforcer les services d’oncologie et de radiothérapie, de garantir l’approvisionnement en médicaments anticancéreux, et d’intégrer des techniques innovantes de diagnostic et de traitement. Il a pointé que la phase actuelle impose de « généraliser le dépistage précoce, améliorer les accueils hospitaliers, et intensifier les campagnes de sensibilisation ».
L’opération débutera officiellement le 9 octobre dans les wilayas d’Adrar et de Timimoun, avant d’être déployée progressivement à l’échelle nationale. L’enjeu est clair : faire d’Octobre rose non pas un événement ponctuel, mais un pilier de la culture de prévention chez la femme algérienne.
A ce propos, et selon Docteure Karima Achour, Cheffe de service chirurgie thoracique et sein au CHU (centre hospitalo-universitaire) de Bab El Oued (Alger), les dernières statistiques réalisées donnent une moyenne de 14 décès de femmes par jour des suites du cancer du sein. Les hommes ne sont pas en reste puisque 1% des hommes sont également concernés.
Docteure Achour, qui est également présidente de l’Association « Mon sein, ma vie », a précisé en revanche que 90% des malades sont correctement soignées lorsque le cancer est diagnostiqué de manière précoce », d’où l’importance vitale du dépistage.
Mme Achour, qui intervenait jeudi matin à l’émission L’invité du jour de la chaine 3 de la Radio nationale, a souligné que si le dépistage doit se pratiquer régulièrement chez la femmes à partir de quarante ans, il est à faire marquer qu’au niveau de la région du Maghreb, la prévalence de cette maladie touche de plus en plus des personnes beaucoup plus jeunes (25 et 30 ans).
Sachant que l’étape du dépistage étant déterminante pour tous les patients, qu’ils soient hommes ou femmes, Docteure Achour a insisté sur l’importance d’impliquer l’ensemble du réseau des EPSP (établissement public de santé de proximité) à travers le pays, puisqu’ils sont présents dans toutes les communes, par deux moyens essentiels, à savoir leur tracer un programme de dépistage et en les dotant de mammographes.
Il faut également miser sur la formation de radiologues spécialisés. Ceci du fait que le rôle du CHU est exclusivement celui de traiter la maladie une fois diagnostiquée et confirmée par le dépistage.
T. Feriel
