Formation professionnelle : L’ère du “zéro papier” et du partenariat économique

Le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels a donné le coup d’envoi officiel de la rentrée de la session d’octobre 2025 dans un contexte marqué par une profonde transformation numérique et une ouverture accrue vers le monde économique.
Présente à l’émission « L’Invité du matin » sur la chaîne II de la Radio nationale, Sarah Sahnoun, cadre au ministère, a détaillé les principales mesures mises en œuvre pour assurer une rentrée fluide et conforme aux nouvelles orientations du secteur.
Mme Sahnoun a indiqué que plus de 385 000 nouvelles places ont été ouvertes à travers les 1 100 établissements et instituts de formation répartis sur le territoire national. À ces nouveaux inscrits s’ajoutent 287 000 stagiaires en formation continue, accueillis dans des conditions qualifiées de «très satisfaisantes ». Cette rentrée, a-t-elle souligné, intervient dans un contexte particulier : celui de la mise en œuvre des 371 recommandations issues des Assises nationales de la formation et de l’apprentissage, tenues en décembre 2024 avec la participation de plus de 1 200 experts. Ces conclusions constituent aujourd’hui, selon elle, « la feuille de route du renouveau du secteur », plaçant la qualité, la numérisation et la proximité économique au cœur de la stratégie ministérielle. Parmi les innovations phares de cette session figure la deuxième édition du projet “Zéro Papier”, une initiative qui vise à dématérialiser entièrement le parcours du stagiaire, de l’inscription à la délivrance du diplôme.
« Les inscriptions, ouvertes du 27 juillet au 27 septembre, se sont déroulées exclusivement en ligne via la plateforme Takwine.dz, sans que les candidats aient à se déplacer », a précisé Mme Sahnoun. Elle a ajouté que le système repose sur l’interconnexion entre plusieurs ministères, notamment pour la vérification de l’identité des candidats et de leur niveau d’instruction.
Dans le prolongement de cette démarche, le ministère a lancé une nouvelle plateforme baptisée «Tamhin », destinée à faciliter le lien entre les jeunes et les entreprises de leur région. L’outil permettra de consulter à distance les offres d’apprentissage disponibles, favorisant ainsi une meilleure insertion professionnelle.

400 spécialités, dont de nouveaux métiers d’avenir

Le secteur de la formation professionnelle offre désormais plus de 400 spécialités, dont plusieurs nouvelles filières jugées prioritaires : industrie, industrie pharmaceutique, agriculture moderne et numérisation.
Parmi les nouvelles formations proposées figurent la maintenance des équipements électroménagers, l’électronique embarquée et les systèmes intelligents, les métiers du froid et de la climatisation, le contrôle qualité des produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques ainsi que des spécialités liées au numérique, telles qu’analyste de données, développeur web, motion designer et marketeur digital pour l’hôtellerie et le e-commerce.
Ces formations, a expliqué Mme Sahnoun, « répondent directement aux besoins du marché du travail, qui exige désormais des profils techniques qualifiés et adaptables ».
Une étude récente menée par le ministère a permis d’identifier les spécialités saturées dans le monde du travail. « Certaines filières traditionnelles ont été supprimées car elles ne correspondent plus aux besoins actuels du marché », a précisé Mme Sahnoun. Parallèlement, de nouveaux métiers en tension ont été intégrés aux programmes pour pallier le manque de main-d’œuvre qualifiée dans plusieurs secteurs. L’objectif affiché : garantir un emploi à chaque stagiaire diplômé.
Le ministère fait également de l’entrepreneuriat un axe prioritaire. Les centres de développement de l’entrepreneuriat (CDE) accompagnent désormais les jeunes porteurs de projets dans la gestion, le financement et la viabilité économique de leurs initiatives.

« Nous observons une tendance forte chez les jeunes vers l’indépendance et l’auto-emploi. L’idée est de leur donner les outils nécessaires pour créer leurs propres entreprises, mais aussi de leur garantir des débouchés en cas de recherche d’emploi », a indiqué la responsable.
La nouvelle politique du secteur prend désormais en compte la spécificité économique de chaque région. Dans ce cadre, 16 centres d’excellence sont en cours de déploiement à travers le pays, chacun spécialisé dans un domaine stratégique et développé en partenariat étroit avec les acteurs économiques locaux.
Parmi ces centres figurent un centre d’excellence en industrie pharmaceutique à Constantine, un autre dédié à la maroquinerie et au cuir à Bouira, un pôle axé sur le froid industriel et l’électronique à Bordj Bou Arréridj, un centre spécialisé dans l’agriculture saharienne à El Oued et enfin un centre dédié à la numérisation à Alger.
Ch.G

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