Tebboune se projette en 2026: Vers une Algérie « entièrement modernisée »

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a tracé, vendredi soir, les grandes lignes de la stratégie nationale à l’horizon 2026, fondée sur la modernisation complète du pays, la numérisation de l’administration et de l’Armée nationale populaire (ANP), ainsi qu’un redressement économique durable appuyé sur la lutte contre la corruption et la relance industrielle.
S’exprimant lors d’une rencontre avec les cadres et personnels de l’ANP, au siège du ministère de la Défense nationale, le chef de l’État a affirmé que l’Algérie « entrera dès 2026 dans une ère de modernisation électronique globale », englobant les institutions publiques et l’appareil de défense.
« La puissance économique et la puissance militaire vont de pair », a déclaré M. Tebboune, soulignant qu’« un État souverain doit pouvoir s’appuyer sur une économie forte et une armée solide».
Par ailleurs, le Président a réaffirmé la détermination de l’État à poursuivre sans relâche la lutte contre la corruption et la récupération des biens spoliés durant la période de la “issaba”. Il a révélé que près de 30 milliards de dollars en avoirs et propriétés détournés ont déjà été récupérés, saluant la coopération de plusieurs pays européens dans cette démarche. Il a notamment remercié «l’Espagne, pays ami », pour avoir restitué à l’Algérie un hôtel cinq étoiles acquis avec de l’argent public détourné.
Sur le plan économique, il a annoncé que 17 000 projets d’investissement sont actuellement à l’étude au niveau du guichet unique, présenté comme « l’ennemi juré de la corruption et de la bureaucratie ». M. Tebboune a précisé que les institutions financières internationales saluent désormais la performance de l’économie algérienne, qui enregistre le taux de croissance le plus élevé du bassin méditerranéen. Selon la Banque mondiale, l’Algérie occupe aujourd’hui la troisième place des économies africaines, derrière le Nigeria et l’Afrique du Sud.
Le chef de l’État a également affirmé que le pays deviendra le premier producteur africain de phosphate, avec une production annuelle prévue de 10 millions de tonnes, consolidant ainsi sa position dans les industries extractives et chimiques.
17.000 projets d’investissement en cours
En outre, Le Président a insisté sur la réindustrialisation du pays, visant à porter la part du secteur industriel à 13 % du PIB. Il a souligné que « le développement touche désormais directement le citoyen », notamment à travers l’emploi des jeunes et la création d’entreprises innovantes.
L’objectif est de porter le nombre de start-up à 20 000 dans les prochaines années, dans le cadre d’une politique nationale de l’innovation.
Abordant les perspectives démographiques, le chef de l’État a rappelé que la population algérienne atteindra 50 millions d’habitants d’ici trois ans, appelant à anticiper cette croissance par la création de richesses, la sécurité alimentaire, le logement et l’emploi. A ce propos, il a réitéré son engagement à préserver le caractère social de l’État, malgré les contraintes budgétaires, promettant de nouvelles augmentations salariales et la revalorisation des allocations sociales.
Saluant le rôle de l’ANP et des forces de sécurité dans la lutte contre le trafic de drogue, qu’il a qualifié de « guerre visant à détruire la jeunesse algérienne », il a annoncé l’intégration de technologies de pointe, notamment dans les domaines de la cyberguerre, de l’intelligence artificielle et des conflits hybrides, pour doter l’armée d’une capacité défensive moderne et autonome.
« L’ANP est une véritable école de patriotisme et de fidélité au message du 1er Novembre », a-t-il souligné, en rendant hommage à la haute hiérarchie militaire.
Sur le plan international, le président de la République a réaffirmé la position constante de l’Algérie en faveur de la paix, de la non-ingérence et du respect de la souveraineté des États. Il a assuré que les frontières nationales sont « pleinement sécurisées » et que les relations avec les pays du Sahel «demeurent solides et constructives ». Concernant la Libye, il a rappelé que l’Algérie « soutient l’organisation d’élections libres pour préserver l’unité du pays ».
S’agissant de la Palestine, M. Tebboune a réitéré le soutien ferme de l’Algérie à la création d’un État palestinien indépendant sur les frontières de 1967 avec El-Qods pour capitale, appelant à un cessez-le-feu immédiat à Ghaza. Il a également réaffirmé l’appui de l’Algérie au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, conformément aux résolutions de l’ONU.
Enfin, le chef de l’État a salué l’excellence des relations bilatérales avec la Tunisie et la majorité des pays du Golfe, tout en rappelant que l’Algérie demeure fermement opposée à toute ingérence étrangère dans ses affaires internes.
T. Feriel
