Apiculture : Le miel oranais cartonne sur les réseaux sociaux

A Oran, de plus en plus d’apiculteurs choisissent de vendre leur miel directement aux consommateurs via les réseaux sociaux. Facebook, Instagram ou encore TikTok se transforment en vitrines numériques où les producteurs exposent leurs ruches, leurs abeilles et le précieux nectar
récolté.

Cette démarche séduit les clients, qui voient dans les vidéos et photos un gage de transparence et d’authenticité. «Le consommateur sait d’où vient le miel, il voit le travail derrière chaque pot. Cela renforce la confiance», explique Younès, jeune apiculteur installé à El Ançor. Cette tendance illustre le dynamisme d’une filière en plein essor.
L’apiculture à Oran connaît un développement notable, soutenu par des initiatives locales et des associations professionnelles comme l’Association nationale des apiculteurs professionnels (ANAP). La wilaya compte plusieurs associations regroupant des dizaines d’apiculteurs répartis dans les espaces boisés de la région. Ces structures œuvrent pour encadrer la profession, promouvoir de bonnes pratiques et défendre les intérêts des producteurs. Cependant, malgré cet engouement, les défis demeurent nombreux. La qualité du miel reste hétérogène, en partie à cause du manque de formation et de la diversité des pratiques apicoles. S’ajoutent les menaces sanitaires comme le varroa, un parasite redouté qui fragilise les colonies. «L’apiculture a besoin d’un plan de développement durable. La sécheresse, l’utilisation excessive de produits chimiques en agriculture et les maladies mettent en danger l’avenir des ruchers», alerte Mme Chelabi, chercheuse en sciences agronomiques.
Pour y répondre, plusieurs projets de formation et de recherche ont vu le jour. L’association apicole ProfAgri, basée à Misserghine, s’emploie à accompagner les apiculteurs débutants, tandis que la fédération locale des apiculteurs multiplie les rencontres avec les autorités locales afin de plaider pour davantage de soutien matériel et technique. Les acteurs du secteur insistent sur la nécessité de renforcer la résilience face aux aléas climatiques et de promouvoir l’agroenvironnement. Dans ce contexte, la vente directe via les réseaux sociaux apparaît comme une bouffée d’oxygène. Elle permet aux apiculteurs d’écouler leur production sans passer par les circuits commerciaux classiques, souvent jugés contraignants et peu rémunérateurs. Les clients, eux, trouvent un miel pur, à l’origine vérifiable, et redécouvrent un produit de terroir valorisé. Au-delà d’un simple commerce, c’est toute une filière qui tente de se structurer. Mme Chelabi souligne : « Les apiculteurs ont besoin de formations, d’échanges de connaissances et de moyens pour adapter leurs pratiques. » Entre modernité numérique et savoir-faire ancestral, l’apiculture oranaise trace ainsi sa voie, entre opportunités et défis, dans l’espoir de bâtir un avenir durable pour les abeilles et ceux qui en prennent soin.
G. Salima

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