Approvisionnement et logistique commerciale : L’Algérie, une passerelle entre l’Europe et l’Afrique

Le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a souligné ce mercredi, depuis Genève, le rôle de l’Algérie comme maillon stratégique entre l’Europe et l’Afrique dans le domaine des chaînes d’approvisionnement et de la logistique commerciale. Il a également mis en avant les efforts du pays pour développer des solutions durables face aux perturbations mondiales des flux de ravitaillement, afin de renforcer le commerce intra-africain.
M. Rezig intervenait lors de la table ronde ministérielle sur les chaînes d’approvisionnement et la logistique commerciale, organisée dans le cadre de la 16ᵉ Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), qui se tient du 20 au 23 octobre au Palais des Nations à Genève, sous le thème « Décider de l’avenir : agir pour une transformation économique juste, inclusive et durable ».
Dans son intervention, le ministre a indiqué que, sur orientation du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie a lancé une stratégie intégrée de modernisation des chaînes d’approvisionnement maritimes. Celle-ci comprend la création de nouvelles lignes maritimes reliant l’Algérie à plusieurs pays africains, notamment la Mauritanie et le Sénégal, dans le but de fluidifier les échanges commerciaux sud-sud.
Répondant à une question sur les grands défis logistiques auxquels font face les pays en développement, M. Rezig a affirmé que l’Algérie mise sur l’interconnexion régionale comme levier de résilience économique et de souveraineté commerciale.
Il a précisé que le pays dispose de 11 grands ports commerciaux, appelés à être mis à la disposition des nations africaines, notamment celles dépourvues d’accès à la mer, grâce à un réseau routier et autoroutier structurant, dominé par la route transsaharienne reliant déjà six pays africains du Nord au Sud.
Le ministre a également annoncé que l’Algérie œuvre à étendre son réseau ferroviaire jusqu’aux frontières méridionales, afin de permettre aux pays voisins d’exporter leurs produits via les ports algériens.
Il a cité à ce titre le projet stratégique de la voie Tindouf–Zouerate, un axe de 800 km en cours de réalisation, destiné à relier le sud-ouest algérien au nord de la Mauritanie. Ce corridor devrait devenir, selon lui, un nouveau pivot d’échanges entre l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest, renforçant le maillage économique du continent.
M. Rezig a insisté, par ailleurs, sur la nécessité d’accorder une attention accrue aux chaînes d’approvisionnement terrestres, soulignant qu’environ 50 % du commerce interafricain repose sur le transport routier. Il a plaidé pour une meilleure coordination logistique et douanière entre les pays membres de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), dont l’Algérie est un acteur moteur.
« Le développement des corridors terrestres est une condition essentielle à l’intégration économique africaine », a-t-il affirmé, ajoutant que l’Algérie poursuivra la mise en œuvre d’un programme ambitieux de liaisons routières et ferroviaires connectant le nord du continent au Sahel et à l’Afrique de l’Ouest.
Ch.G
