Utilisation des amplificateurs et brouilleurs GSM : Les mises en garde des P&T

Le ministère de la Poste et des Télécommunications a lancé, mardi, une alerte publique sur l’usage et la commercialisation d’appareils dits « amplificateurs GSM » ou « boosters GSM », ainsi que des brouilleurs électromagnétiques.
Ces dispositifs, souvent vendus sur Internet ou via les réseaux sociaux, sont présentés comme des moyens d’améliorer la couverture réseau, mais constituent en réalité une menace grave pour la sécurité et la stabilité des communications mobiles.
Dans son communiqué, le ministère précise que ces équipements émettent ou modifient les signaux radio utilisés par les opérateurs de téléphonie mobile pour acheminer les appels, les messages et les données. Un amplificateur GSM fonctionne en captant le signal d’une antenne-relais avant de le «renforcer » et de le réémettre localement. S’il n’est pas calibré ni autorisé, cet appareil perturbe la fréquence des opérateurs, provoquant des interférences susceptibles d’affecter plusieurs utilisateurs dans la même zone.
Les brouilleurs électromagnétiques (jammers) posent, eux, un problème inverse : ils bloquent volontairement les signaux en émettant sur les mêmes bandes de fréquences que celles utilisées par les réseaux GSM, 3G, 4G ou 5G. Ce brouillage empêche la transmission d’appels, de messages ou de données, créant des zones mortes de communication. Une telle interférence, souligne la même source, peut compromettre la fiabilité des communications d’urgence, y compris celles des services de sécurité et de secours.
Selon le cadre réglementaire algérien, la détention, l’installation et l’utilisation de tout dispositif d’amplification ou de brouillage sans autorisation sont strictement interdites. Ces appareils doivent être homologués et réservés à des usages spécifiques encadrés par l’État, notamment dans le domaine militaire, la recherche ou la sécurité nationale.
L’article 17 de la loi n° 2000-03 relative aux télécommunications, modifiée et complétée, prévoit des sanctions allant de lourdes amendes à des peines d’emprisonnement pour toute utilisation non autorisée de fréquences radioélectriques. Le ministère rappelle que les contrevenants s’exposent à des poursuites judiciaires.
Les autorités notent également une recrudescence des ventes illégales de ces appareils sur les plateformes de commerce en ligne, où ils sont souvent proposés comme solution miracle pour pallier les problèmes de couverture. Or, ces équipements non conformes aux normes techniques internationales peuvent détériorer les infrastructures des opérateurs et compromettre la qualité du service au niveau national.
Le ministère de la Poste et des Télécommunications appelle donc les citoyens à signaler toute offre suspecte et à ne pas acheter ce type de matériel, rappelant que l’amélioration de la couverture réseau relève exclusivement des opérateurs agréés et des installations réglementées.
G. Salima
