Trafic de 365 kg de kif traité : De dix ans à perpète pour les principaux accusés
Cinq accusés, dont une femme, ont comparu devant le tribunal criminel d’appel d’Oran pour répondre des accusations de détention et de trafic de stupéfiants en bande organisée portant sur 365 kg de kif traité, mise en danger de la santé publique, ainsi que de complicité. A l’issue des délibérations, deux prévenus, B.Y. et S.F., ont été condamnés à 15 ans de réclusion. Le troisième mis en cause a écopé de dix ans de réclusion. Quant à B.N., sœur du premier accusé, et le quatrième prévenu, ils ont été acquittés.
Il est à noter que certains mis en cause, dont le principal prévenu W.H., frère de W.A., étudiant en droit, étaient en fuite. Ils ont été condamnés par défaut à la réclusion à perpétuité.
Cette affaire a éclaté en 2021 à la suite d’informations parvenues aux services de la brigade mobile de Mansourah à Tlemcen concernant une importante quantité de kif introduite aux frontières algériennes du Maroc et destinée à être transportée vers l’est du pays, plus précisément vers la ville d’Aïn El Beida, à Oum El Bouaghi. Une enquête a été ouverte le 24 juin 2021.
Les investigations ont permis d’intercepter un camion JMC suspect au niveau de la localité d’Aïn El Hout, à Tlemcen, conduit par le dénommé Yazid. La fouille du véhicule a permis de saisir 365 kg de kif traité, dissimulés derrière le siège du conducteur et derrière la remorque. Si Yazid a été appréhendé sur le coup, son complice S.F., qui se trouvait avec lui, a réussi à prendre la fuite avant d’être arrêté par la suite.
Confronté aux faits, Yazid a avoué et a désigné le propriétaire de la marchandise, W.H., qui avait réussi à franchir la frontière algéro-marocaine. Il a expliqué que ce dernier, surnommé le baron Houssam, lui avait acheté le camion et lui avait proposé de travailler avec lui dans ce trafic, en lui promettant 400 millions de centimes pour le transport de la drogue.
Une perquisition effectuée au domicile de W.H. a permis l’arrestation de sa sœur, B.N., avec la somme de 180 millions de centimes et le passeport de son frère. Les investigations ont ensuite permis d’identifier les autres membres de la filière. Le frère de Houssam a également été arrêté. Confronté aux faits, ce dernier a d’abord nié toute implication dans le réseau, mais a fini par avouer qu’il remplaçait son frère dans le trafic.
Devant le tribunal criminel d’appel, les deux premiers mis en cause ont maintenu leurs déclarations, tandis que les autres ont nié toutes les accusations.
Le représentant du ministère public a requis vingt ans de réclusion contre les cinq accusés. La défense des deux premiers prévenus a plaidé les circonstances atténuantes, tandis que celle des trois autres a plaidé la non-culpabilité. L’avocat de W.A. a expliqué que son client était étudiant universitaire et que, même si son frère était trafiquant, cela ne faisait pas de lui son complice.
Zemmouri L.
