Approvisionnement en eau: L’option de l’interconnexion des barrages

Le ministre de l’Hydraulique, Taha Derbal, a affirmé jeudi devant l’Assemblée populaire nationale que les projets d’interconnexion des barrages, en cours dans plusieurs wilayas, constituent une solution alternative majeure pour renforcer l’approvisionnement en eau, notamment dans les régions confrontées à des pénuries chroniques.
Intervenant lors d’une séance plénière consacrée aux questions orales, M. Derbal a expliqué que ces interconnexions permettront de transférer l’eau des zones excédentaires vers celles déficitaires, assurant ainsi une meilleure sécurité hydrique.
Cette stratégie s’inscrit dans une démarche globale visant à optimiser l’exploitation des eaux de surface, dans un contexte marqué par la baisse du niveau des barrages due aux effets du changement climatique et à la diminution des précipitations annuelles.
Parmi les projets phares évoqués le raccordement entre la station de dessalement de Cap Djinet 2 (Boumerdès) et le barrage de Koudiat Asserdoune (Bouira), qui alimente la wilaya de M’sila ; l’interconnexion entre le barrage de Tilesdit et la station de dessalement de Béjaïa ainsi que le transfert des eaux de l’Oued El Bared vers le barrage de Tilesdit pour renforcer ses réserves.
Concernant le projet de liaison entre le barrage de Soubella (M’sila) et celui de Beni Haroun (Mila), le ministre a indiqué que l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT) lancera prochainement une étude pour relier le système des Hauts-Plateaux (Sétif), incluant les barrages de Draa Diss et Mahouane, au système d’adduction de Beni Haroun. Cette interconnexion pourrait à terme bénéficier indirectement au barrage de Soubella.
Sur le volet du dévasement, M. Derbal a rappelé que plusieurs opérations ont été menées entre 2012 et 2018, puis entre 2020 et 2025, avec une généralisation prévue à l’échelle nationale pour lutter contre l’envasement des barrages.
Le ministre a également souligné l’adoption d’une stratégie nationale de protection contre les inondations, fondée sur une cartographie précise des zones à risque. Cette approche permettra de hiérarchiser les priorités et d’inscrire les projets nécessaires dans les plans d’investissement, tout en appelant à éviter toute construction à proximité des biens publics hydrauliques.
Ch.G
