Ce que j’en pense : Parlez-moi d’amour…

>> Par Saïd Adel

Parlez-moi d’amour au milieu des laideurs de ce monde qui croule sous les détritus dont personne ne veut, ni la mer, ni les pôles et encore moins une Afrique jusque-là cimetière des crasses des quatre continents, et qui grâce à Dieu, se rend compte peu à peu qu’elle est un jardin fraichement arrosé, généreusement ensoleillé et particulièrement fertile.
Parlez-moi d’amour face aux noirceurs d’un monde qui ne se suffit plus des lumières du jour. Qui éclaire ses nuits de néons surpuissants, aveuglants, multicolores et combien coûteux pour diner, pour danser plus longtemps. Ce monde qui, pourtant, ne voit pas tout un continent qui, à son tour, ignore ce qu’est une nuit blanche tamisée, ignore encore ce qu’est une nuit qui ne lui ressemble pas, lui le noir.
Parlez-moi d’amour devant les mensonges d’un monde qui soutient que l’avenir est fait de vert, d’éoliennes, de voitures électriques, d’une couche d’ozone qu’il s’agit de protéger et d’une fonte des glaces qu’il faut limiter afin de préserver une faune faite d’ours blancs, de renards et d’otaries.
L’imprimatur est là juste devant nous. Hier, il s’agissait d’enseigner aux « sauvages » le saint chemin vers Dieu afin d’élever leurs âmes et surtout leurs yeux vers un ciel dont la clarté empêchait de voir, de sentir les richesses sous leurs pieds. Aujourd’hui, il s’agit d’enseigner à ces mêmes « sauvages » comment sauver, non pas leurs âmes, mais des ours blancs en ne construisant pas d’usines, en ne bitumant pas leurs routes inexistantes, en ne bâtissant pas de barrages, en électrifiant aucunement leurs nombreux villages qui en restant dans le noir continueraient de rêver de blanc.
Parlez-moi d’amour devant la tristesse de ce monde qui accepte non pas les larmes, non pas les cris ou la faim ou même la mort, mais de multiples et flagrants massacres d’enfants qui ne demandent qu’à jouer dans le bourbier que des bombes intelligentes leur ont construit, en arguant que la «chose» est légitimée par la divine loi du talion. Etrange talion où l’on se saigne volontairement devant les caméras pour prétendre à une vengeance contre des êtres qui n’ont jamais eu droit à l’image.
Parlez-moi de haine et là je jure de comprendre.

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