PLF 2026 : L’optimisme de Bouzred
Lors d’une séance plénière à l’Assemblée populaire nationale consacrée au projet de loi de finances 2026, le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a présenté une vision optimiste de l’économie nationale, portée par des indicateurs positifs, une inflation en recul, et une croissance soutenue. Il a souligné que ces résultats confirment la pertinence de l’orientation adoptée par le pays, fondée sur la diversification des recettes et la modernisation de la gestion publique.
Le ministre a insisté sur l’importance de la numérisation comme levier central des réformes financières, fiscales et budgétaires. Il a annoncé que dès début 2026, les citoyens pourront accéder à distance à leurs documents administratifs liés aux biens, grâce à une base de données unifiée. Le livret foncier électronique sera également lancé au premier semestre, facilitant la mise à jour des données et les transactions foncières.
Dans le domaine fiscal, un système numérique intégré regroupant les dossiers des commerçants et opérateurs économiques sera opérationnel avant fin 2025. Ce dispositif vise à renforcer la transparence et à prévenir toute manipulation des droits de l’État et des citoyens.
La gestion budgétaire connaîtra une transformation radicale dès janvier 2026, avec le passage aux transactions électroniques pour le paiement des salaires, le suivi des opérations financières et la collecte des statistiques. La numérisation s’étendra progressivement à la Trésorerie publique, permettant une meilleure gestion des liquidités et des investissements, notamment par l’identification des entités n’ayant pas utilisé les fonds alloués.
Concernant les subventions aux produits de large consommation, Bouzred a indiqué que la création d’une base de données exhaustive sur les citoyens permettra de mettre en place un système d’aide directe ciblée, plus équitable et efficace.
Le ministre a également évoqué la révision des procédures des marchés publics, en particulier dans les régions du Sud. Des amendements à la loi de 2023 sont en cours pour simplifier les démarches et tenir compte des spécificités locales. Un système dédié aux marchés publics dans le Sud est en préparation, afin d’assurer une meilleure exécution et un suivi rigoureux des projets.
Sur le plan budgétaire, Bouzred a précisé que le financement repose sur 70 % de la consommation de l’année précédente, et que le déficit sera couvert par la dette intérieure, sans impact sur les prix ni sur l’inflation. La dette intérieure s’élève actuellement à 18 000 milliards DA, dont 8 000 milliards pour le déficit budgétaire, 6 000 milliards de dette non conventionnelle datant de 2017, et 3 500 milliards de crédits destinés aux entreprises publiques, notamment Sonelgaz, pour des projets liés à l’électricité et au dessalement.
Enfin, le ministre a défendu le règlement fiscal volontaire proposé dans le PLF 2026, permettant aux opérateurs de régulariser leur situation en versant 10 % des sommes déclarées. Il a précisé qu’il s’agit d’une approche différente de celle de 2016, visant à améliorer le recouvrement fiscal et à renforcer la confiance entre l’administration et les contribuables.
R.E
