Prévention sanitaire: Un projet de loi en préparation

Face aux défis sanitaires récurrents et à la résurgence de certaines maladies infectieuses, l’Algérie s’apprête à franchir un nouveau cap en matière de santé publique. Le directeur général de la prévention et de la promotion de la santé au ministère de la Santé, Dr Djamel Fourar, a annoncé mardi à Alger la préparation d’un projet de loi visant à intégrer la prévention dans l’ensemble des politiques sectorielles.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par plusieurs épisodes épidémiologiques récents qui ont touché de nombreuses wilayas au début de l’année 2025. Bien que le choléra n’ait pas été détecté sur le territoire national, un dispositif de veille renforcé a été activé, en raison de la présence de la maladie dans certains pays voisins.
Lors d’une conférence de presse consacrée à la situation épidémiologique des maladies transmissibles, Dr Fourar a souligné que la stabilité actuelle ne doit pas masquer la persistance de menaces sanitaires, d’autant plus que les changements climatiques favorisent l’émergence de nouveaux foyers infectieux. Il a insisté sur le fait que la surveillance épidémiologique reste un pilier fondamental du système de prévention, s’appuyant sur une liste actualisée des maladies à déclaration obligatoire, établie par l’Institut national de santé publique (INSP).
Le ministère de la Santé a déjà mis en place une stratégie nationale de prévention, en collaboration avec plusieurs secteurs, visant à renforcer les systèmes de surveillance, d’alerte et de réponse rapide. Cette stratégie comprend également la diffusion de protocoles techniques actualisés pour le diagnostic et la gestion des épidémies.
Le Dr Ilyes Akhamokh, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de Tamanrasset, a précisé que tous les médecins de la wilaya ont été formés pour faire face à d’éventuelles urgences sanitaires, notamment en lien avec le choléra. De son côté, le Dr Faouzi Derrar, directeur général de l’Institut Pasteur, a appelé à adapter les dispositifs de lutte contre les maladies infectieuses aux nouvelles réalités épidémiologiques, notamment dans un contexte de mobilité accrue et de bouleversements climatiques.
Enfin, la représentante de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), Dr Fella Oudjida, a évoqué la mise en œuvre d’une stratégie nationale de sécurité sanitaire multisectorielle, visant à renforcer les capacités de prévention et de réponse rapide face aux risques sanitaires émergents.
Ce projet de loi, en cours d’élaboration, vise à institutionnaliser la prévention comme un axe transversal, impliquant non seulement le secteur de la santé, mais aussi ceux de l’éducation, de l’environnement, de l’agriculture, des transports et de l’urbanisme. Il s’agit d’un changement de paradigme qui place la santé publique au cœur des politiques publiques, dans une logique de protection proactive des populations.
Ch.G
