Relations algéro-françaises: Tebboune va-t-il rencontrer Macron au G20 ?

Selon France 24, une chaîne de télévision financée par l’Etat français, une rencontre entre Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune, pourrait avoir lieu en marge du sommet du G20 à Johannesburg, prévu les 22 et 23 novembre. Aucune réunion bilatérale n’est officiellement inscrite à l’agenda, mais plusieurs sources diplomatiques citées par la chaîne jugent qu’« on y travaille » et que « le G20 est une opportunité ». Pour le moment, Alger n’a pas réagi à cette annonce.
Cette éventualité intervient au lendemain de la grâce présidentielle accordée par Alger à Boualem Sansal, à la demande du président allemand Frank-Walter Steinmeier. Un geste que Paris et Berlin interprètent comme une avancée significative dans une crise diplomatique d’une ampleur inédite depuis l’indépendance de l’Algérie, rappelle la même source.
Pour l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, interrogé par France 24 et l’AFP, cette libération « ouvre une nouvelle phase déjà amorcée depuis plusieurs semaines ». Il souligne néanmoins que l’intervention d’un « pays tiers de confiance » a été nécessaire pour débloquer le dossier, tant les relations bilatérales étaient gelées.
La crise s’était cristallisée à l’été 2024 après le soutien explicite d’Emmanuel Macron au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, un revirement jugé inacceptable par Alger. L’Algérie avait alors rappelé son ambassadeur, ouvrant une séquence de tensions marquées par l’incarcération d’un agent consulaire algérien en France, suivie d’expulsions réciproques de diplomates.
Les priorités de part et d’autre concernent désormais la reprise des coopérations sécuritaire et migratoire, deux dossiers sensibles dans un contexte régional instable, notamment au Mali. Plusieurs déplacements de hauts responsables français en Algérie sont programmés ou en préparation : la secrétaire générale du Quai d’Orsay, ainsi que le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, favorable à une ligne de dialogue avec Alger.
Pour le politologue Hasni Abidi, cité par France 24, « la balle est désormais dans le camp français ». Paris avait conditionné la normalisation du dialogue à la libération de Boualem Sansal. Mais, souligne-t-il, une déclaration ne suffira pas : Alger attend des avancées concrètes, notamment sur deux dossiers-clés – l’affaire du consul arrêté en France et la révision de l’accord d’association Algérie-Union européenne, enjeu stratégique pour Alger.
G. Salima

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