Finances 2024, l’année de la Bourse

L’année 2024 marque un tournant majeur pour le secteur financier algérien, avec une accélération notable du développement du marché boursier et un déploiement ambitieux de la transition numérique. Ces initiatives visent à moderniser l’économie et renforcer son attractivité.
En effet, la Bourse d’Alger a connu une forte expansion en 2024 grâce à un nouveau cadre réglementaire conçu pour séduire les entreprises en quête de financement. La capitalisation boursière a été multipliée par sept, atteignant plus de 500 milliards de dinars algériens (4 milliards de dollars) après l’introduction en Bourse du Crédit Populaire d’Algérie.
Cette dynamique devrait se poursuivre avec l’introduction prochaine de la Banque de Développement Local (BDL) et de l’opérateur téléphonique Djezzy. La BDL, dont 30 % du capital seront ouverts à la souscription publique, a obtenu l’approbation du Conseil de participations de l’État. En 2025, la première startup, Moustachir, rejoindra également le marché boursier, portant à six le nombre de sociétés cotées.
Par ailleurs, une réforme législative majeure est en cours, incluant l’introduction de nouveaux instruments financiers tels que les sukuks et la finance verte, pour rendre la Bourse plus compétitive dans la sphère économique nationale.
En parallèle, l’Algérie a consolidé ses performances économiques, saluées par les institutions financières internationales. L’inflation a nettement reculé, passant de 9,3 % en 2023 à 4,25 % sur les neuf premiers mois de 2024. Les réserves de change devraient atteindre 71,8 milliards de dollars, garantissant 16 mois d’importations, tandis que le Fonds de régulation des recettes (FRR) devrait enregistrer un surplus de 500 milliards de dinars.
Par ailleurs, la transition numérique reste un pilier clé de la transformation du secteur des finances. Un Data Center centralisé, inauguré en 2024, héberge désormais les systèmes d’information du ministère des Finances et soutient la numérisation de l’administration fiscale et des douanes.
Dans le secteur bancaire, le paiement électronique a continué de progresser. Plus de 19 millions de cartes bancaires sont en circulation, soutenues par 3 896 guichets automatiques et plus de 58 000 terminaux de paiement électronique. Les transactions électroniques ont atteint une valeur globale de 4 milliards de dinars.
Une nouvelle loi sur les assurances est également en préparation. Elle vise à moderniser la législation en unifiant quatre textes existants et en intégrant l’assurance Takaful et la gestion proactive des risques. Ces changements visent à diversifier les produits et renforcer l’innovation dans un secteur en pleine mutation.
M. Salah
