Figure majeure de la scène algérienne : Biyouna n’est plus

L’actrice et chanteuse Baya Bouzar, plus connue sous son nom de scène Biyouna, est décédée mardi à l’hôpital de Béni Messous, à Alger, à l’âge de 73 ans, a annoncé le ministère de la Culture et des Arts.
Née en 1952 à Alger, elle s’était imposée comme l’une des figures majeures du cinéma, du théâtre et de la télévision en Algérie, tout en acquérant une notoriété internationale grâce à plusieurs productions étrangères. Elle avait tourné plusieurs films en France, notamment des comédies. On l’a ainsi vue aux côtés d’Omar Sy dans « Le Flic de Belleville » (2018), mais aussi avec Bernard Campan, Didier Bourdon et Pascal Légitimus dans « Les Trois Frères : Le Retour » (2014). En 2019, on l’avait aussi vue dans « Neuilly sa mère, sa mère ! », suite du premier film à succès.
Artiste complète, dotée d’un style singulier mêlant humour, verve populaire et puissance expressive, Biyouna avait marqué plusieurs générations par ses rôles emblématiques, sa liberté de ton et une présence scénique devenue sa signature. Sa carrière, débutée très jeune, lui avait permis de s’imposer comme l’une des personnalités les plus aimées et les plus reconnaissables du paysage culturel national.
La disparition de Biyouna a suscité de nombreuses réactions. Dans un communiqué, la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a salué « une icône singulière parmi les icônes de l’art algérien», soulignant « l’audace, la simplicité et la forte prestance » de la comédienne. Elle a rappelé que la défunte « n’était pas une simple artiste, mais une mère de l’art, qui a su ancrer la symbolique de la femme algérienne et exprimer le pouls de la rue et l’esprit de création », estimant que son nom restera gravé dans la mémoire collective.
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a également présenté ses condoléances à la famille de la défunte. Dans un message empreint d’émotion, il a exprimé sa « tristesse », saluant « la sincérité et la spontanéité » de l’actrice, des qualités qui lui ont valu, selon lui, « une large reconnaissance dans le domaine du jeu d’acteur et du cinéma ».
R.C
