Plus de 400 vies sauvées: Le CO fait 15 morts depuis octobre

Depuis le début de la vague froide, les services de la protection civile lancent de nouveau l’alerte : les intoxications au monoxyde de carbone continuent de faire des victimes, malgré les campagnes de sensibilisation.
Selon les derniers chiffres communiqués ce mercredi par le porte-parole de la Direction générale de la Protection civile, 15 personnes sont mortes asphyxiées par le CO depuis octobre dernier, tandis que plus de 400 personnes ont été secourues et que près de 200 interventions ont été menées. Depuis janvier 2025, le bilan global fait état de 95 décès, plus de 700 interventions, et 1.670 personnes secourues et prises en charge.
Mais ce bilan récent s’inscrit dans un tragique continuum : au cours de l’année 2023, l’Algérie a enregistré 156 décès attribuables au monoxyde de carbone — avec plusieurs épisodes particulièrement meurtriers — ainsi que plus de 3 000 personnes secourues après inhalation.
Le monoxyde de carbone est un gaz incolore, inodore et non irritant, issu d’une combustion incomplète — souvent à cause d’un manque d’oxygène — d’appareils de chauffage, chauffe-eau, ou générateurs.
Lors de son intervention sur la Chaîne 2 de la Radio nationale, Nassim Bernaoui, chargé de l’information à la Protection civile, a indiqué que les cas les plus fréquents d’intoxication proviennent de chauffe-eau mal ventilés (jusqu’à 70 % des incidents), de systèmes de chauffage locatifs non entretenus, ou encore de véhicules en marche garés dans des garages non ventilés.
Les symptômes sont souvent trompeurs : maux de tête, nausées, fatigue, somnolence — des signes pouvant évoluer vers une asphyxie rapide, surtout la nuit, touchant tous les membres d’un foyer avant que l’alerte ne soit donnée.
Pour éviter ces drames, les représentants de la protection civile rappellent l’importance de quelques mesures simples mais vitales comme assurer une ventilation correcte des logements, surtout lors de l’utilisation de chauffages ou chauffe-eau ; maintenir régulièrement des appareils de chauffage ou de production d’eau chaude ; installer des détecteurs de monoxyde de carbone dans les habitations, notamment quand des appareils à combustion y sont présents — une mesure rendue plus accessible récemment, selon les consignes données par les autorités.
Par ailleurs, la Protection civile mène une campagne nationale de sensibilisation dans les foyers, quartiers résidentiels, écoles, mosquées, universités et centres de jeunesse. Celle-ci se prolongera jusqu’à la fin du mois de mars, période souvent critique en raison du recours massif aux systèmes de chauffage.
Ch.G
