Nations unies : L’Algérie présente son expérience en déminage

À l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées, l’Algérie a présenté à New York son expérience pionnière en matière de déminage. Aux côtés de l’Autriche et de la Nouvelle-Zélande, et en coopération avec plusieurs agences onusiennes (UNMAS, UNODA, DPO, PNUD), elle a organisé un événement de haut niveau et une exposition consacrée aux conséquences des mines antipersonnel et à l’inclusion des victimes.
Le représentant algérien, Toufik Koudri, a rappelé que le colonisateur français avait posé plus de 11 millions de mines sur le territoire algérien. Dans certaines zones frontalières, cela représentait jusqu’à 11 mines par habitant, provoquant des milliers de victimes et des séquelles qui se sont prolongées bien après l’indépendance.
Selon les données disponibles, l’Algérie a réussi à neutraliser environ 9 millions de mines, tandis que près de 2 millions ont explosé lors des opérations de destruction, causant de nombreuses pertes humaines. Pour rappel, le rapport Landmine Monitor 2025 indique qu’en 2024, les mines antipersonnel et restes explosifs ont fait 6.279 victimes dans le monde, dont 1.945 morts et 4.325 blessés. Les civils représentent 90 % des victimes, avec une forte proportion de femmes et d’enfants.
En novembre 2025, l’Algérie a inauguré dans la wilaya d’El Tarf une stèle commémorative dédiée aux ingénieurs démineurs soviétiques. Ces spécialistes avaient contribué au déminage massif du territoire algérien après l’indépendance, renforçant les liens algéro-russes et rendant hommage à leur rôle crucial dans la neutralisation des millions de mines.
L’Algérie a insisté sur le fait que la lutte anti-mines ne se limite pas à l’aspect technique : elle vise à rendre justice aux victimes, soutenir le développement et garantir les droits fondamentaux tels que la liberté de mouvement, l’accès à l’éducation et au travail.
La cérémonie à l’ONU, marquée par la présence de hauts responsables comme Jean-Pierre Lacroix et Giles Duley, a réaffirmé la nécessité de renforcer les efforts internationaux pour parvenir à un monde sans mines et assurer la dignité des survivants. L’Algérie, pionnière en la matière, continue de plaider pour une mobilisation globale contre ces armes inhumaines.
G. Salima

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