« Mecque des révolutionnaires »: L’hommage à l’Algérie
Le Dr Riadh Sidaoui, enseignant-chercheur et directeur d’institution à Genève, a renouvelé ce dimanche son hommage à l’Algérie, qualifiée de « Mecque des révolutionnaires » et « refuge des libres », lors d’une émission diffusée sur la Radio algérienne internationale. Selon lui, l’Algérie incarne un rôle historique dans le soutien des mouvements de libération, la condamnation du colonialisme et la défense de la souveraineté des peuples africains, notamment à travers son soutien aux causes du Sahara occidental ou de la Palestine.
Il a insisté sur le fait que la guerre de libération algérienne reste un exemple inspirant pour tous les peuples en quête d’indépendance, et que l’engagement de l’Algérie aujourd’hui se manifeste par son action diplomatique en faveur de la paix et de la sécurité sur le continent.
Pour Sidaoui, la diplomatie algérienne se distingue par son attachement au principe d’un « règlement africain des crises africaines ». Il a cité en exemple la crise libyenne, où l’Algérie a soutenu une solution « libyo-libyenne », sans ingérence étrangère, soulignant la nécessité d’une approche internalisée des conflits.
Cette position s’explique par la conviction profonde que seules les voix africaines, unifiées et souveraines, peuvent efficacement défendre les intérêts et l’indépendance du continent. D’après Sidaoui, recourir à des acteurs extérieurs revient à perdre la maîtrise des destinées africaines.
Le débat sur la mémoire coloniale reste central. Selon l’intervenant, l’Algérie incarne la posture d’un État qui refuse l’oubli et revendique justice pour les crimes commis durant la colonisation. Elle exige des excuses et des réparations, face à une tentative de certains anciens colonisateurs de tourner la page sans assumer le passé.
Il a rappelé que l’Afrique a le droit légitime – moral et historique – d’exiger la reconnaissance des souffrances infligées à ses peuples et de demander des compensations, que ce soit via des excuses, des restitutions ou un soutien au développement, pour réparer les séquelles du colonialisme.
Pour bâtir un avenir solide, Sidaoui appelle à l’unité africaine autour de trois grands piliers : intégration économique à travers le développement d’un marché africain commun, le soutien aux petites et moyennes entreprises, la promotion des industries locales et la réduction de la dépendance extérieure ; une union politique avec le renforcement de la coordination africaine dans les forums internationaux, l’harmonisation des positions africaines et élaboration de politiques communes face aux défis contemporains. La justice historique et les réparations sont le dernier pilier avec l’adoption d’une position continentale commune sur la condamnation du colonialisme et ses crimes, l’instauration de mécanismes de réparation ainsi que la reconnaissance des droits des nations anciennement colonisées.
À ce cercle d’actions, s’ajoutent la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, la protection des droits humains, le respect de l’autodétermination des peuples, et la préservation de la souveraineté nationale – autant de défis pour lesquels, selon Sidaoui, l’Afrique doit agir unie, sans intervention extérieure.
En conclusion, il estime que l’Afrique ne doit dépendre de personne pour son développement et sa sécurité. L’Algérie, par son histoire et son engagement, se positionne comme un moteur de cette autonomie. Les défis, nombreux, sont perçus non comme des obstacles, mais comme des « sources de fierté et de motivation » pour poursuivre la voie d’une Afrique unie, libre, intégrée et souveraine.
G. Salima
