Tlemcen: Hommage à Ben Bella

La wilaya de Tlemcen a accueilli un important colloque national en hommage à Ahmed Ben Bella, figure emblématique de la lutte pour l’indépendance et premier Président de l’Algérie. Placé sous le thème « Le Forum national Ahmed Ben Bella… Enjeux et réalités » et le slogan « L’Algérie face aux défis mondiaux… Manifestations de la Révolution libératrice », l’événement a réuni universitaires, moudjahidines et responsables locaux, dont le ministre des Moudjahidines et ayants droit, Abdelmalek Tacherifet, et le wali de Tlemcen, Youssef Bechlaoui, pour une réflexion sur l’héritage d’un homme d’État hors du commun.
Né le 25 décembre 1916 à Maghnia, Ahmed Ben Bella s’est distingué très tôt par son engagement nationaliste. Après les massacres du 8 mai 1945, il a rejoint le Parti du peuple algérien (PPA). Responsable de l’Organisation secrète (OS) pour l’Oranie, il participe à l’attaque de la poste d’Oran en 1949, et est arrêté en 1950. Il s’évade et rejoint Le Caire en 1953 pour coordonner l’acheminement d’armes. Il est un des neuf fondateurs de l’insurrection du 1er Novembre 1954 et a été capturé en 1956 et emprisonné six ans jusqu’aux accords d’Évian. Libéré en 1962, il devient Président en 1963 et met en place une politique d’autogestion et de socialisme algérien. Destitué par un coup d’État militaire en 1965, il est emprisonné 14 ans, puis s’exile avant de revenir en Algérie en 1990.
Le colloque a permis de relier le combat de Ben Bella aux défis actuels de l’Algérie. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de s’inspirer de son parcours pour affronter les enjeux économiques, climatiques et sécuritaires. L’Algérie fait face à des menaces multiformes liées à ses positions souveraines et à l’instabilité régionale, tout en affichant une croissance économique positive et une volonté affirmée de développement durable.
Les débats ont également porté sur la continuité du combat libérateur. L’Algérie, fidèle à ses positions au Conseil de sécurité de l’ONU, défend le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et dénonce les crimes commis dans les territoires palestiniens. En 2025, le pays s’affirme comme un acteur central dans une conjoncture internationale marquée par de profondes mutations géopolitiques, naviguant entre impératifs de sécurité nationale et renouveau socio-économique.
Sur le plan diplomatique, l’Algérie achève son mandat 2024-2025 au Conseil de sécurité en plaidant pour des « solutions africaines aux problèmes africains ». Ses frontières sahéliennes (Mali, Niger, Libye) restent des foyers d’instabilité, mais l’Armée nationale populaire (ANP) multiplie les opérations contre le terrorisme et le crime organisé pour sécuriser un territoire immense.
Avec une croissance attendue de 3,8 % en 2025, l’Algérie est désormais classée parmi les pays à revenu intermédiaire supérieur par la Banque mondiale. Les priorités pour 2025-2026 incluent la réduction de la dépendance aux hydrocarbures, le développement de l’agriculture et de l’industrie, la souveraineté alimentaire grâce à des projets structurants dans le Grand Sud ainsi que l’intégration africaine via la route transsaharienne, le gazoduc Algérie-Nigéria et la ZLECAf.
Face au dérèglement climatique, l’Algérie vise 30 % d’énergies renouvelables dans son mix énergétique d’ici 2035, avec près de 60 milliards de dollars investis dans les énergies propres et l’hydrogène vert. Sur le plan social, le maintien du pouvoir d’achat reste une priorité : le budget 2026 prévoit plus de 135 milliards de dollars pour soutenir salaires et programmes de logement, piliers de la stabilité intérieure.
B. Soufi

Bouton retour en haut de la page