Pouvoir d’achat : Les prix alimentaires pèsent sur les ménages

En cette fin décembre, le pouvoir d’achat demeure sous forte pression. Le coût de la vie à Oran continue d’alimenter les discussions dans les marchés, les épiceries de quartier et les foyers, où chaque dépense est désormais mûrement réfléchie. Les prix des denrées alimentaires traduisent une réalité économique difficile pour une large partie de la population, contrainte d’arbitrer ses achats semaine après semaine.
Dans les commerces, les produits de base affichent des niveaux qui pèsent sur les budgets. Un litre de lait se situe généralement entre 130 et 145 DA, le kilo de pain blanc autour de 55 à 65 DA, tandis que le kilo de riz blanc oscille entre 150 et 180 DA, selon les points de vente et l’approvisionnement. Ces prix, observés à l’échelle nationale, reflètent une tendance également constatée sur les marchés oranais en cette période de transition entre deux années.
La situation est plus tendue pour les protéines animales. Le kilo de filets de poulet dépasse fréquemment les 600 DA, tandis que le bœuf, notamment les morceaux dits « ronds », peut atteindre voire dépasser les 1.700 à 1.800 DA le kilo. Des niveaux qui limitent l’accès régulier à la viande pour de nombreux foyers, contraints de réduire les quantités ou d’espacer les achats.
Du côté des fruits et légumes, le contexte hivernal et les contraintes logistiques influencent également les prix. Le kilo de tomates se négocie désormais autour de 120 à 140 DA, tandis que les pommes se vendent généralement entre 350 et 450 DA le kilo, selon la qualité et l’origine. Ces produits, pourtant essentiels dans l’alimentation quotidienne, deviennent parfois des achats calculés plutôt que systématiques.
L’addition est lourde pour un panier hebdomadaire basique composé de lait, pain, riz, légumes et d’une portion de viande. Malgré une inflation alimentaire qui a montré, sur certains mois de 2025, des signes de ralentissement par rapport à l’année précédente, la pression reste bien réelle pour les ménages modestes, dont les revenus peinent à suivre l’évolution des prix.
A l’approche des fêtes de fin d’année et au début de 2026, la question du « panier festif » se pose avec acuité. Poisson, viande, légumes, boissons et douceurs représentent un effort financier supplémentaire que beaucoup ne peuvent assumer qu’au prix de concessions, en réduisant la variété ou les quantités. Sur les étals des marchés d’Oran, cette réalité est visible : certains consommateurs privilégient les produits les moins chers, attendent les baisses ponctuelles ou se tournent vers les légumes de saison pour contenir leurs dépenses.
Planification des repas, comparaison des prix et adaptation aux fluctuations du marché sont devenues des réflexes quotidiens chez les consommateurs. Entre traditions, attentes familiales et moyens financiers limités, le panier de courses reste un indicateur clé des difficultés économiques, rappelant que le pouvoir d’achat continue de façonner, jour après jour, le contenu d’un simple repas.
O.A Nadir
