Homicide volontaire avec préméditation : 20 ans de réclusion pour l’accusée

Le tribunal criminel d’appel de la cour d’Oran a condamné B. Asma, 35 ans, à 20 ans de réclusion criminelle pour homicide volontaire avec préméditation. Les faits remontent au 7 septembre 2023, au niveau de la cité de l’USTO. Ce jour-là, Ch. Ramzy, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui partageait la vie de l’accusée, a été mortellement poignardé. Selon l’instruction, après avoir reçu plusieurs appels de la victime, avec qui elle entretenait une relation idyllique, B. Asma est sortie à sa rencontre. Une violente dispute a alors éclaté. L’accusée est ensuite retournée chez elle pour s’emparer d’un couteau, qu’elle a dissimulé sous ses vêtements avant de redescendre. Feignant de l’enlacer, elle lui a porté un coup de couteau dans le dos, avant de prendre la fuite, laissant la victime gisant dans son sang. Évacué en urgence, le jeune homme est décédé 24 heures après son admission en soins intensifs.
Arrêtée et confrontée aux preuves, l’accusée est passée aux aveux sans toutefois expliquer le mobile de son geste. Les parents de la victime ont immédiatement déposé plainte pour meurtre.
À la barre, l’accusée s’est exprimée d’une voix à peine audible, tentant de réfuter la préméditation. Elle a soutenu qu’un différend financier portant sur 40 millions de centimes l’opposait à la victime et qu’elle aurait agi sous le coup de la colère. Changeant de version, elle a ensuite affirmé que l’arme appartenait à Ramzy et qu’il aurait tenté de la défigurer. Selon ses dires, c’est en luttant pour se défendre que le coup serait parti accidentellement, atteignant la victime au cœur.
Cependant, ces déclarations ont été contredites par les témoignages oculaires. Malgré les efforts de la présidente de l’audience pour obtenir des explications claires, l’accusée s’est murée dans un silence pesant. Appelée à témoigner, la mère de la victime, en larmes, a évoqué une relation tourmentée : « Je ne saurais tout expliquer », a-t-elle confié.
L’avocat de la partie civile a dressé un portrait sombre de l’accusée, s’appuyant sur les rumeurs du voisinage pour souligner son comportement. Il a précisé que la mère du défunt ne réclamait aucun dédommagement financier, mais seulement la justice pour que son fils puisse reposer en paix.
Le représentant du ministère public, qualifiant le crime de particulièrement grave, a requis la réclusion criminelle à perpétuité. De leur côté, les avocats de la défense ont mis en avant le parcours difficile de leur cliente, une orpheline en quête de bonheur. « Personne ne peut savoir exactement ce qui liait la victime à l’accusée. Était-ce une passion tumultueuse ou autre chose ? Toujours est-il qu’elle n’a jamais prémédité son acte », ont-ils plaidé, tentant de requalifier les faits en coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Zemmouri L.

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