GaadaCiné : Projection et débat autour de « Bagdad Cafe »

Samedi prochain, à 14h30, le ciné-club GaadaCiné a programmé, à la cinémathèque d’Oran, la projection d’un film culte, indépendant, subtilement excentrique et surtout le plus grand succès du réalisateur allemand Percy Adlon. Il s’agit, en effet de « Bagdad Cafe » (« Out of Rosenheim) sorti en Allemagne en 1987.

Le film suit Jasmin, une Allemande perdue au milieu du désert de Mojave, aux États-Unis. Abandonnée par son mari en pleine route à la suite d’une dispute, elle trouve refuge dans un vieux motel, le Bagdad Café, dirigé par Brenda, une Américaine délaissée également par son mari, mais surtout débordée par son quotidien de mère, de grand-mère, et de gérante. Les deux femmes nouent une forte amitié et apprennent progressivement à mieux apprécier la vie, après des premières impressions loin d’être favorables.C’est grâce à ce film que le réalisateur a bâti sa réputation de créateur d’œuvres reflétant la condition humaine et féminine. Au cours de sa carrière, il a réalisé plusieurs films, téléfilms et séries, ainsi que de nombreux documentaires. Son premier film, « Céleste », très apprécié par les passionnés de littérature française, raconte la relation entre Marcel Proust et Céleste Albaret durant les dernières années de la vie de l’écrivain.
Quant à Bagdad Café, il s’agit d’une œuvre qui sort du commun du cinéma occidental, non seulement par ses valeurs de coexistence authentiques et crédibles, mais aussi par sa rupture avec des stéréotypes encore très répandus : ceux de personnages féminins mal écrits, sans profondeur, souvent contraintes au rôle d’outils narratifs au service du développement d’un personnage masculin. Brenda et Jasmin sont des femmes comme tant d’autres, désespérées, qui se consolent et s’émancipent grâce à une complicité inattendue, construite à travers des scènes d’entraide et d’empathie réciproques.
Sans manquer de personnages hauts en couleur, porteurs de défauts humains et comiques, le film aborde divers sujets, parfois de manière datée, parfois touchante ou hilarante, allant du racisme à la solitude. Ces thèmes sont portés par des scènes accompagnées d’une musique émouvante : des compositions originales devenues cultes, ainsi que des pièces de Bach, interprétées à l’écran par l’acteur et musicien Darron Flagg.
Le film dégage une intimité chaleureuse et un charme vif, porté par des performances parfois étranges mais réussies d’acteurs peu connus. Il offre un contraste subtil entre comédie et émotion, invitant le spectateur à se penser à travers les personnages, et promettant un visionnage à la fois émouvant et marquant.
Saidani Yasmine Farah

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