23 ans plus tard: L’affaire BCIA revient

Le tribunal criminel de première instance a condamné K.A.A., neveu du directeur de la BCIA, et O.K.M., à deux ans de prison avec sursis. Ils étaient poursuivis pour dissimulation de documents administratifs visant à entraver des investigations judiciaires.
23 ans après l’éclatement du scandale de la Banque Commerciale et Industrielle Algérienne (BCIA), ce volet, resté en suspens, vient de trouver son dénouement. L’affaire remonte au 7 juillet 2003, lorsque le liquidateur de la banque dépose plainte. Il accuse plusieurs individus d’avoir fait disparaître des dossiers cruciaux concernant des crédits octroyés en échange d’hypothèques sur des biens personnels.
Selon l’accusation, des responsables d’agences avaient signalé la disparition de ces dossiers, pointant du doigt plusieurs employés, dont des chauffeurs, ainsi que les deux prévenus. Ces vols, perpétrés selon le liquidateur durant la nuit du 7 au 8 juillet 2003, auraient eu pour but d’empêcher le traitement de certains dossiers sensibles.
Bien que l’instruction, ouverte au tribunal de Hussein Dey, ait duré jusqu’en 2016, les véritables commanditaires n’ont jamais été formellement identifiés. Si des témoins ont chargé certains hauts responsables et leurs proches, l’identité des bénéficiaires des crédits volatilisés demeure, à ce jour, un mystère. Cette opacité a lourdement entravé le processus d’indemnisation des clients lésés.
À la barre, les deux accusés ont nié en bloc. K.A.A., très affaibli par la maladie, a reconnu ses liens familiaux avec le fondateur de la banque (son oncle), tout en affirmant n’avoir jamais été impliqué dans la gestion de l’établissement. Le second prévenu, O.K.M., a maintenu qu’il n’occupait qu’un poste de wagmaster et ne gérait que le courrier.
Alors que le parquet avait requis sept ans de réclusion criminelle, la défense a plaidé l’acquittement, soulignant qu’aucune preuve matérielle ne venait étayer des accusations reposant sur de simples témoignages.
Pour mémoire, la BCIA, fondée en 1998 par Ahmed Kharoubi, fut l’une des premières banques privées nées de l’ouverture du marché. Elle s’est effondrée seulement deux ans plus tard après la révélation d’un scandale de 42 traites avalisées et escomptées par la BEA, pour un montant astronomique de 15 milliards de dinars. Un séisme qui avait conduit la Banque Centrale à lui retirer son agrément, précipitant sa faillite et sa mise en liquidation.
Zemmouri L.

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